27 août 2026
Retour sur le déplacement du nouveau préfet hier dans la vallée de la Vésubie
Mercredi 26 août, le nouveau préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, nommé le 9 juillet dernier, s’est rendu dans la vallée de la Vésubie pour faire un point sur l’avancement des travaux post-tempête Alex et Aline, consacrant une bonne partie de sa visite à Saint-Martin-Vésubie, village le plus touché en 2020, concentrant à lui seul près de la moitié des dégâts.
« Nous ne demandons pas un traitement de faveur, mais 6 ans après, cela fait du bien d’être écouté, entendu. Cela a été un cauchemar, cette inertie, dont nous avons été victime pendant des années. Nous sommes en train de sortir du cauchemar même si cela va être encore difficile, nous sentons que c’est bien parti. »
Avec ces mots, le maire de Saint-Martin-Vésubie, Jean-Christophe Téobaldi, résume le sentiment des villageois, tous soulagés de revoir enfin la valse des engins de chantier.
Six ans après, les stigmates de la tempête demeurent mais une nouvelle ère semble s’ouvrir et c’est ce qu’est venu constater le préfet, Jean-Marie Girier, accompagné du président de la Métropole, Éric Ciotti. Après Lantosque, Roquebillière, il a fait un arrêt prolongé à Saint-Martin-Vésubie : du Vésubia au Boréon en faisant des étapes à proximité des berges de la rivière. « Ce que je vois aujourd’hui c’est une acculturation considérable au risque, un travail sur la sécurisation des berges, une volonté de la Métropole, de Monsieur le Maire d’accélérer et de finaliser les derniers travaux pour l’accessibilité et la vitalité du territoire. Nous réaffirmons notre engagement aux côtés des maires dans les 3 à 4 années à venir. »
La commune de Saint-Martin-Vésubie a toujours des passerelles provisoires de franchissement du cours d’eau mais les travaux de reconstruction des deux principaux ponts Venanson et Maïssa devraient être achevés durant le troisième trimestre 2027. « Il y a eu des défaillances. Le rapport de la chambre régionale des comptes l’a pointé. Aujourd’hui ce qui compte, c’est qu’on termine, on est main dans la main avec Monsieur le préfet, avec le département : une unité d’action qu’il n’y a pas toujours eu auparavant ; il y a eu des considérations politiques voire politiciennes. Tout ça, c’est derrière nous, maintenant il faut tout terminer dans les trois ans, au plus tard pour redonner la configuration originelle à cet espace de montagne qui est un joyau. » explique Éric Ciotti.
Le paysage aux abords de la rivière et au Boréon est toujours aussi lunaire, une accumulation de roches où rien ne repousse. Après avoir assuré la protection de 4,4 km de berges, la mission du SMIAGE (Syndicat Mixte pour les Inondations, l’Aménagement et la Gestion de l’Eau maralpin) sera désormais la renaturation des sites. En juin 2027, l’aménagement du pourtour du lac du Boréon devrait être terminé. Dans le même temps, le long de la rivière entre les Ponts Maïssa et Venanson, environ 4 000 arbres vont être plantés. Cyril Marro, directeur général des services du SMIAGE, détaille l’urgence écologique en jeu « Le Boréon faisait 10 mètres de large, il en fait désormais 45, il y avait une forêt, il faut la reconstituer à la fois en terme de paysage pour que les gens n’aient plus ce traumatisme tous les jours et dans un intérêt écologique car la température du cours d’eau a beaucoup augmenté à cause des étés chauds et du manque de protection engendré par l’absence de végétation. Il y a des espèces piscicoles comme la truite qui n’arrivent plus à recoloniser le cours d’eau à cause de cela ».
« C’est une commune qui a été victime de plusieurs années d’errance donc on a repris certains dossiers à l’arrêt comme la reconstruction du centre de secours, de la gendarmerie. Pour le centre sportif, le stade de football ou le cimetière, les permis de construire n’avaient même pas été déposés et là il y a urgence car il va falloir les déposer avant la sortie du plan de prévention des risques en 2027 qui sera beaucoup plus contraignant que le « porter à connaissance » précise Jean-Christophe Téobaldi.
Le musée, le réaménagement de la zone de confluence à l’entrée du village : le maire et son équipe ont encore beaucoup de défis à relever mais le préfet l’assure : « il y a encore des crédits à engager et des projets à accompagner. Tout ça ne se fait d’un claquement de doigt, cela prend du temps mais ça avance et on est toujours là pour accompagner les maires. »
Certains dossiers sont entre les mains des juridictions, comme la route de la Madone ou la gendarmerie, le président de la Métropole déplore la lenteur des procédures. « Il y a des aléas judiciaires qui ne nous permettent pas aujourd’hui d’être maîtres de notre calendrier. Pour la route de la Madone, j’ai écrit à la juge d’instruction à Marseille pour lui demander que les expertises se tiennent au plus vite. (…) Pour la brigade de gendarmerie, je demande au tribunal administratif d’avoir un regard rapide ». L’accès à la Madone a été provisoirement ouvert pour le bicentenaire du couronnement de la statue. Mais ce haut lieu de pèlerinage et départ de nombreuses randonnées dont celle du Mont Gélas est enclavé depuis un arrêté de la Métropole de juin 2023 interdisant toute circulation à pied et en voiture.
Marine Einaudi