23 septembre 2026
Même si la « Mission Carb 0 » a pris fin, ses effets vont perdurer assurent les porteurs du projet, le point
La CCI Nice Côte d’Azur vient officiellement de clôturer le Projet “Mission Carb 0”. Un parcours mené sur trois ans avec le soutien de l’Union européenne, aux côtés de 11 partenaires français et italiens. 4 territoires, 2 pays, 1 objectif : aider TPE et PME à accélérer leur décarbonation.
La « Mission Carb 0 » s’est terminée comme elle avait démarré trois ans plus tôt : dans les murs de la CCI Nice Côte d’Azur.
Financé par l’Union Européenne, ce projet a été lancé aux côtés de 11 partenaires français et italiens parmi lesquels les chambres consulaires de Savoie, de Cuneo et de Turin, pour aider les petites entreprises des filières arômes et parfums, agroalimentaire, mécatronique et montagne, à décarboner leur activité.
« Les TPE PME ont des difficultés à s’engager dans la décarbonation parce que ça coûte cher, parce que ça prend du temps, parce que c’est complexe, parce qu’il y a plein de solutions sur le marché, explique Robin Sylvestre, responsable du pôle énergie et industrie de la CCI azuréenne. Partant de ce constat, avec nos partenaires, nous avons décidé de créer un outil dédié à la réalisation des bilans de gaz à effet de serre pour les PME industrielles. »
Un outil accessible pour faciliter le processus, baptisé LISE pour Limitez vos Impacts et Suivez vos Émissions. Plus de 80 entreprises franco-italiennes ont ainsi bénéficié d’un diagnostic carbone et d’un accompagnement. Une première étape à envisager moins « comme un chiffre que comme une boussole », assure Robin Sylvestre. « Parce qu’on ne peut pas améliorer ce que l’on ne connaît pas, ce que l’on ne mesure pas, confirme Alessia Caramello, à la tête de la société d’ingénierie électrique éponyme à Cuneo. La Mission Carb 0 nous a donné une méthode. »
Implanté à Saint-Vallier-de-Thiey, BLH – groupe Azelis (CA : 46 M€) est distributeur de matières premières aromatiques et parfumerie pour les professionnels et fait partie des 25 entreprises maralpines à avoir suivi le parcours.
Engagée dans une démarche RSE depuis une quinzaine d’années, la PME de 40 salariés souhaite aller plus loin encore. « Cela aura été six mois intenses, notamment dans la collecte de données, car il est très difficile d’obtenir des données exhaustives sur l’ensemble des scopes, résume Sophie Gogot, responsable sécurité environnement de la société qui compte une quinzaine de fournisseurs pour alimenter un catalogue riche de 1 500 produits. Mais nous avons un plan d’actions issu de ce parcours et allons continuer de travailler dans les années à venir sur l’optimisation de nos livraisons d’un côté, et de l’autre, sur les données CO2 de nos produits grâce à une communication renforcée avec nos fournisseurs. »
Dans une démarche de décarbonation, le bilan gaz à effet de serre (GES) n’est pour autant « que le premier pas. Il implique une transformation profonde », rappelle Robin Sylvestre. Ainsi, même si la « Mission Carb 0 » a pris fin, ses effets vont perdurer.
D’abord parce que les TPE et PME peuvent continuer de réaliser leur bilan GES auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie azuréenne, dorénavant pris en charge, non plus par l’Union européenne mais par l’Ademe.
Et parce que, désormais certifié par l’Afnor, l’outil LISE a essaimé un peu partout en France au sein du réseau des CCI où quelque 350 conseillers ont été formés.
Un autre outil est par ailleurs né de la Mission Carb 0 : l’Observatoire Transfrontalier de la décarbonation. Accessible sur le site internet missioncarbzero.fr/observatory, entièrement public et anonymisé, il référence l’ensemble des Bilans Carbone. « Cela permet de réaliser des benchmarks sectoriels pour se comparer entre pairs, de faire des zooms territoriaux ou de prouver, auprès des financeurs, qu’on a un impact non négligeable sur son territoire », liste Robin Sylvestre.
Enfin, pour partager les enseignements nés de ces trois ans de parcours, un document de référence sur la durabilité, « sorte de livre blanc sur le sujet », sera rédigé et communiqué en novembre prochain.
Olivia Oreggia