Pierre Ippolito, déclaré inéligible par le Tribunal Administratif de Nice : « Je serai bien au conseil municipal lundi »


Politique


9 octobre 2026

Par trois jugements rendus ce jour, le TA de Nice a annulé l’élection de Pierre Ippolito, colistier d’Éric Ciotti

Le tribunal administratif de Nice vient de déclarer Pierre Ippolito inéligible. Aux côtés d’Éric Ciotti, le chef d’entreprise est depuis mars 2026 adjoint au maire de Nice et vice-président de la Métropole Nice Côte d’Azur. Il parle de présomption de culpabilité et nous assure son intention de saisir le Conseil d’État. Un appel dont l’effet est suspensif.

Le tribunal administratif de Nice s’est prononcé : après les recours déposés, par Marc Concas, ancien adjoint de Christian Estrosi, et par le préfet des Alpes-Maritimes - il vient d’annuler l’élection de Pierre Ippolito "comme conseiller municipal de la commune de Nice et, par voie de conséquence, en qualité de conseiller communautaire de la métropole Nice Côte d’Azur".

« Faire peur aux entrepreneurs »

«  Je prends acte de la décision, nous confie-t-il. Mais je saisis le Conseil d’État. Et j’ai toute confiance en cette instance pour corriger cette première décision qui envoie, au-delà de mon cas personnel, un message très négatif à tous les entrepreneurs qui voudraient s’engager en politique. Trop peu prennent déjà le risque d’y aller, tant il n’y a que des coups à prendre. Voilà qui est de nature à leur faire peur. »

Pierre Ippolito avait quitté la direction du groupe familial éponyme (1 240 collaborateurs, CA 2025 : 310 M€) établi à Villeneuve-Loubet, acteur des mobilités, de l’industrie, de l’immobilier et du tourisme fondé en 1968. Il est président de la holding « Ippolito Trucks ».

Élu en mars aux côtés d’Éric Ciotti, il est devenu 4e adjoint au maire de Nice, délégué aux entreprises, au commerce, au développement économique et à l’enseignement supérieur, et 3e vice-président délégué à la transformation et réforme métropolitaine, à l’enseignement supérieur, au développement économique et à l’aménagement de la plaine du Var.

"Pour les entrepreneurs, il y a d’emblée une présomption de culpabilité de conflit d’intérêts."

Les deux recours qui visent le chef d’entreprise concernent un risque de conflit d’intérêts. « Il existe tout un système de contrôles, argumente Pierre Ippolito. Les marchés publics sont soumis à des appels d’offres. Il n’y a aucun conflit d’intérêts. Tout est totalement transparent. Il n’y a d’ailleurs rien de plus transparent qu’un chef d’entreprise ! Demande-t-on les mêmes garanties à des élus de profession libérale, avocat ou expert-comptable ? Pour les entrepreneurs, il y a d’emblée une présomption de culpabilité de conflit d’intérêts. »
Et l’élu local de voir en cette décision une volonté de «  rester dans un entre-soi. Éric Ciotti a fait une liste d’ouverture avec des personnes de la société civile, choisies pour leur expertise. Si on ne veut que des professions libérales ou des politiques de métier pour gérer le territoire, je trouve cela dommage. »

« Rien ne change »

La décision rendue par le tribunal administratif niçois n’est pour autant pas définitive. Pierre Ippolito a un mois devant lui pour saisir le Conseil d’État, un appel qui rend le jugement suspensif. « Rien ne change, assure l’entrepreneur. Je serai lundi matin au conseil municipal de Nice. Et je serai encore en poste pendant de nombreux mois. »

Dans un communiqué à la presse, Éric Ciotti, maire de Nice, président de la Métropole Nice Côte d’Azur a déclaré : « Je me réjouis que le tribunal administratif ait validé l’élection municipale de Nice et confirmé ainsi le choix des Niçois du 22 mars dernier, que Christian Estrosi avait décidé de contester devant les tribunaux après sa défaite dans les urnes. Je reste convaincu de l’éligibilité de Pierre Ippolito. Je fais donc désormais confiance au Conseil d’État, plus haute juridiction administrative de notre pays, pour examiner cette question et lui permettre, je l’espère, de poursuivre son engagement au service des Niçois et des habitants de la Métropole. »

À noter par ailleurs que le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la demande d’annulation du scrutin municipal de mars dernier, déposée par Juliette Chesnel-Le Roux, adversaire d’Eric Ciotti, cheffe de file de la gauche et des écologistes. Un écart de 43 000 voix séparant bien les deux candidats.


Olivia Oreggia