Éric Ciotti veut « être le premier serviteur et défenseur » de Nice
- Par Sébastien Guiné --
- le 27 mars 2026
Vainqueur de l’élection le 22 mars devant les listes de Christian Estrosi et de Juliette Chesnel-Le Roux, le président de l’UDR a été élu officiellement maire de Nice vendredi 27 mars.
Un seul élu du conseil municipal n’a pas pris part au vote car il était absent : Christian Estrosi, maire depuis 2008. Sur les 68 élus présents, 56 ont voté. Éric Ciotti a obtenu 52 voix (plus un blanc et trois nuls). « C’est avec une immense émotion que je me tiens devant vous aujourd’hui ceint de cette écharpe tricolore que vient de me remettre Franck Terrier, le héros de cette nuit tragique du 14 juillet », ont été les premiers mots du nouveau maire de la cinquième ville de France en nombre d’habitants. « Je mesure en cet instant le poids de la confiance que les Niçoises et les Niçois ont souhaité m’accorder et accorder à mon équipe. Être le maire de cette ville extraordinaire, c’est accepter d’en être le premier serviteur et le premier défenseur », a-t-il poursuivi. « Nice ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de sa longue et grande histoire. » Il a ensuite cité les noms de « grands maires » qui « ont façonné l’histoire de Nice » : Virgile Barel, Jacques Cotta, Jean Médecin, Jacques Médecin, Jacques Peyrat. « Chacun a bâti, a travaillé, a œuvré, a laissé une trace. » Il n’a pas inclus Christian Estrosi dans cette liste, lui adressant toutefois « un salut républicain ». « Consacrer 18 années de sa vie à la tête de notre ville et de notre métropole appelle à la reconnaissance », a-t-il simplement ajouté. Il a reconnu que la campagne électorale avait été « âpre et à bien des égards violente » et a expliqué « (engager) aujourd’hui un nouvel avenir ». « Nice a besoin de retrouver l’apaisement », a-t-il encore déclaré, assurant que « l’opposition pourra se faire entendre et devra se faire entendre ».
Vigilance et résistance
« L’opposition sera, à tout instant, écoutée et respectée. Pour cette nouvelle page de l’histoire de Nice, je veux ouvrir une ère de respect, de dialogue et de bon sens », a-t-il insisté. « Sachons être attentifs à ceux qui pensent différemment parce que les bonnes idées peuvent venir de toutes parts. » Le nouveau maire aura face à lui deux types d’opposition : la « vigilance collective » de l’ancienne majorité, exprimée vendredi par la voix de Philippe Pradal, et la « résistance républicaine », selon les mots de Juliette Chesnel-Le Roux du groupe écologiste, socialiste et communiste. Philippe Pradal a d’abord adressé les « félicitations républicaines » au nom de son groupe puis a souhaité « que le bilan de Christian Estrosi et de son équipe soit reconnu et salué par tous à sa juste mesure. Pendant 18 années, nous avons travaillé sans relâche pour métamorphoser Nice », a-t-il affirmé. « Il est également de notre devoir de rappeler, avec la clarté qu’impose l’honnêteté politique, les conditions particulières qui ont permis ce succès. Votre victoire, Monsieur le Maire, a été dessinée par une configuration singulière : le soutien massif et assumé du Rassemblement national, que vous avez reconnu après votre élection et dont se glorifie Monsieur Bardella, allié au maintien obstiné de la liste de gauche lors de la triangulaire finale. Nous serons vigilants (…) mais notre opposition ne sera jamais une opposition de blocage ou de posture. Nous ne sommes pas ici pour entraver mais pour servir. Nous voterons toutes les mesures qui iront dans le sens de l’intérêt général et du progrès pour les Niçoises et les Niçois. » Julien Picot, du parti communiste, est allé plus loin dans la critique de l’élection d’Éric Ciotti, et a d’ailleurs été copieusement hué par le public pour cela, assurant que le président de l’UDR avait « fait le choix de devenir l’otage du Rassemblement national ».
« Protéger »
Éric Ciotti, évoquant « les figures libres et les figures imposées » en politique comme en patinage artistique, a souhaité « éviter ces polémiques inutiles » et a assuré qu’il n’y avait « pas d’inquiétudes à avoir ». Auparavant, il s’était félicité de « voir la mairie, et demain la métropole » travailler « au diapason avec le conseil départemental, en parfaite cohérence, main dans la main ». « Nous mènerons également une politique de partenariat constructif avec l’État, et de respect avec la région », a-t-il assuré. Le nouveau maire s’est également adressé « solennellement aux agents municipaux, mais aussi à ceux du CCAS et à ceux de notre métropole. Vous êtes le visage de Nice. Vous êtes l’incarnation de l’intérêt collectif et du bien commun. (…) Nous avons un programme ambitieux, et c’est avec votre expertise, votre dévouement et votre fierté de servir Nice que nous le réaliserons ». Il a également souhaité avoir des mots pour les Niçois qui, « à quelques kilomètres, à quelques centaines de mètres des fois, des plus prestigieux hôtels de la Côte d’Azur (…) vivent dans l’oubli. Cette indifférence ne perdurera pas. L’action municipale sera plus que jamais au service de chaque quartier, au service de chaque Niçoise et de chaque Niçois. (…) Protéger les Niçois, c’est aussi soutenir les créateurs de richesses. C’est pour cela que nous voulons faire de Nice une capitale économique de la Méditerranée. (…) Protéger les Niçois, c’est également avoir une vision stratégique pour le développement de notre territoire et pour son aménagement. (…) Protéger les niçois, c’est aussi protéger notre nature, notre environnement, notre terre tout simplement. Protéger notre environnement, c’est protéger la terre dont nous avons hérité pour la transmettre à nos enfants, selon la formule de Saint-Exupéry. »
Les 26 adjoints d’Éric Ciotti
1re adjointe : Françoise Souliman, déléguée à la Sécurité, à la Prévention de la délinquance, à l’Aide aux victimes, à l’Administration générale et au Patrimoine communal
2e : Auguste Vérola, délégué à la Culture et à l’État-civil
3e : Gaëlle Frontoni, déléguée à l’Éducation et à la Jeunesse
4e : Pierre Ippolito, délégué aux Entreprises, au Commerce, au Développement économique et à l’Enseignement supérieur
5e : Marie-France Cesari, déléguée au Logement et à l’Urbanisme
6e : Laurent Merengone, délégué à la Circulation et au Stationnement ; adjoint de territoire Nice historique
7e : Céline Alunni, déléguée à l’Enfance et à la Petite enfance
8e : Jean-Marc Governatori, délégué à l’Environnement ; adjoint de territoire Rives du Paillon
9e : Valérie Sergi, déléguée à la Politique de la ville, au Social et à la Cohésion sociale
10e : Olivier Breuilly, délégué aux Finances
11e : Françoise Monier, déléguée aux Ressources humaines
12e : Olivier Riquier, délégué à la Proximité, la Sécurité civile et la Citoyenneté
13e : Juliette Raffort, déléguée à la Santé, la Transformation numérique et l’Intelligence artificielle
14e : Benoît Kandel, délégué aux Sports
15e : Catherine Moreau déléguée aux Espaces verts ; adjointe du territoire Hauts de Nice
16e : Sébastien Filippini, délégué au Handicap
17e : Zara Boutayeb, déléguée aux Droits des femmes
18e : Patrick-Marc Le Donne, délégué aux Affaires juridiques, aux Marchés publics, à l’Éthique et la Déontologie
19e : Valérie Bothy-Lanfranchi, déléguée à l’Europe, aux Relations internationales et aux Relations avec la Principauté de Monaco
20e : Cédric Cirasa, délégué à la Voirie, à la Propreté et au Nettoiement ; adjoint du territoire Cœur de Nice
21e : Bérengère Gautier de Charnacé : déléguée aux Cultes et à l’Enseignement privé ; adjointe de territoire Collines niçoises
22e : Denis Del Rio, délégué au Tourisme et à l’Événementiel
23e : Nathalie Kestemont-Gasperi, adjointe de territoire Nice-Ouest
24e : Henry-Jean Servat, délégué au Bien-être animal et au Cinéma
25e : Muriel Vitetti, déléguée aux Traditions niçoises
26e : Dario Lutchmayah, délégué au Monde associatif, à la Lutte contre les discriminations, aux Outre-Mer et à la Francophonie