À Biot, le verger Saint-Éloi récolte les premiers fruits d’une ambition agricole locale
- Par Valérie Noriega --
- le 10 juin 2026
Quatre mois après les premières plantations, les rangées d’aubergines, de courgettes et de poivrons du verger Saint-Éloi témoignent déjà d’une transformation engagée. Sur cette parcelle de 7 000 m² située à l’entrée du parc départemental de la Brague, longtemps laissée en friche, la commune de Biot voit aujourd’hui se concrétiser l’un de ses projets emblématiques en matière de préservation du foncier agricole.
Samedi 13 juin, le maire de Biot jean-Pierre Dermit et Sydney Eurlings, agriculteur du verger Saint-Éloi inviteront les habitants à découvrir les premières récoltes issues de cette exploitation communale, dont le premier panier de légumes marque une étape symbolique.
Au-delà de la production elle-même, l’événement consacre le retour d’une vocation nourricière sur des terres menacées par la pression urbaine.
À l’origine de cette initiative, la volonté de la municipalité de maintenir une activité agricole dans un territoire où les surfaces cultivées se raréfient.
Pour faire revivre le site, la Ville a lancé un appel à candidatures au début de l’année 2026. C’est le projet porté par Sydney Eurlings, ingénieur agronome de formation, qui a été retenu. Installé depuis plusieurs mois sur le domaine, le jeune maraîcher a entrepris de remettre en culture ces parcelles abandonnées, en privilégiant une production biologique. Les premiers résultats sont déjà visibles. Radis, courgettes, aubergines ou encore poivrons composent les récoltes de ce début d’été. Une production modeste encore, mais appelée à se développer dans les mois à venir.
Circuit court
L’ambition du projet dépasse en effet le simple cadre d’une exploitation maraîchère. Les légumes et les fruits cultivés à Saint-Éloi seront proposés en vente directe aux habitants dès le mois de juin. À plus long terme, la municipalité envisage d’approvisionner les restaurants scolaires de la commune, dans une logique de circuits courts et de relocalisation alimentaire.
Le verger Saint-Éloi s’inscrit également dans une réflexion plus large sur l’aménagement du territoire. Menée en partenariat avec le Département des Alpes-Maritimes, l’opération participe à la valorisation de l’entrée du parc de la Brague et à la préservation d’un patrimoine naturel considéré comme un élément structurant du paysage biotois.
À l’heure où de nombreuses collectivités cherchent à renforcer leur résilience alimentaire et à enrayer la disparition des terres cultivées, Biot entend faire de ce verger communal un laboratoire à taille humaine. Le premier panier mis en vente ce mois de juin apparaît ainsi comme bien plus qu’une récolte : le signe tangible d’un retour de l’agriculture au cœur de la ville.