Incendie criminel aux Moulins à Nice : un homme soupçonné d’avoir joué un rôle de commanditaire placé en détention provisoire
- Par Valérie Noriega --
- le 14 août 2026
Dans un communiqué du 13 août, le parquet de Nice indique qu’un homme né en 2000 à Maisons-Laffitte (Yvelines), déjà incarcéré dans le cadre de deux informations judiciaires pour meurtre en bande organisée, a été placé en garde à vue mardi 11 août dans l’enquête sur l’incendie criminel survenu le 18 juillet 2024 dans le quartier des Moulins, à Nice.
L’opération a été menée par le Service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ) des Alpes-Maritimes, sur commission rogatoire du juge d’instruction. Le suspect a été extrait de la maison d’arrêt de Nancy avant d’être entendu par les enquêteurs.
Selon le parquet de Nice, les investigations ont notamment permis d’exploiter des messages obtenus dans le cadre d’une demande d’entraide pénale adressée aux autorités judiciaires américaines. Ces éléments laissent envisager que le détenu aurait pu jouer un rôle d’organisateur ou de commanditaire dans l’incendie.
Les enquêteurs soupçonnent un lien avec un second homme, actuellement visé par un mandat d’arrêt international. Les faits s’inscriraient, selon le parquet, dans le contexte d’un conflit autour du contrôle de réseaux de vente de stupéfiants.
Lors de ses auditions, le suspect a reconnu avoir été en contact avec plusieurs personnes mises en cause dans cette affaire. Il a toutefois « formellement » contesté avoir participé à l’organisation des faits, précise le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli.
À l’issue de sa garde à vue, un mandat d’amener a été délivré par le juge d’instruction afin de permettre sa présentation devant le magistrat. Le parquet a, de son côté, requis son placement en détention provisoire.
L’homme est déjà connu de la justice. Il a notamment été condamné à plusieurs reprises à Nice et à Pontoise pour des faits de trafic de stupéfiants. Il a également été condamné à quatre ans d’emprisonnement pour des violences aggravées.
À ce stade, six personnes sont mises en examen dans le dossier et placées en détention provisoire en France. Deux autres suspects, initialement localisés en Algérie et en Guinée-Bissau, sont en fuite à l’étranger et font l’objet de mandats d’arrêt internationaux.
Dans un communiqué complémentaire de ce 14 août le parquet précise que l’individu déféré devant le Juge d’instruction de NICE a été mis en examen des chefs de :
Complicité de destruction du bien d’autrui par moyen dangereux pour les personnes ayant entraîné la mort en état de récidive légale, faits commis dans la nuit du 17 au 18 juillet 2024 à NICE ;
Complicité de destruction en bande organisée du bien d’autrui par moyen dangereux pour les personnes en état de récidive légale, faits commis dans la nuit du 17 au 18 juillet 2024 à NICE ;
Participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime en état de récidive légale, faits commis du 1er juillet au 18 juillet 2024 à NICE ;
Et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement en état de récidive légale, faits commis du 1er juillet au 18 juillet 2024 à NICE.
Il a été placé en détention provisoire par le Juge des libertés et de la détention.
L’enquête se poursuit sous l’autorité du juge d’instruction afin de déterminer précisément le rôle de chacun dans cet incendie criminel.