Le droit se réinvente face aux défis du vivant à l’Université
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 27 juillet 2026
Les premières Assises du droit de la Nature à Toulon ont réuni des experts mondiaux pour repenser les liens entre droit et défis écologiques.
Face à l’urgence environnementale, le cadre juridique doit-il évoluer pour mieux protéger le vivant ? C’est la question centrale qui a animé pendant trois jours les premières Assises du droit de la Nature, organisées par l’Université de Toulon. L’événement a rassemblé un panel de haut niveau composé de magistrats, d’universitaires, de chercheurs, d’experts internationaux et d’acteurs de la société civile, tous mobilisés pour interroger les mutations du droit face aux grands défis du 21ème siècle.
Une coopération francophone renforcée
Premier jalon de ces Assises, les 3èmes Rencontres de l’Association internationale des procureurs et poursuivants francophones (AIPPF) ont offert une plateforme d’échanges stratégiques. Présidées par Gilles Charbonnier, Avocat Général à la Cour de cassation, ces sessions ont permis à de hauts magistrats de plusieurs pays de confronter leurs expériences en matière de lutte contre les atteintes à l’environnement. L’objectif était clair : dessiner des perspectives communes pour l’évolution des législations et renforcer la coopération judiciaire.
Ces travaux, auxquels ont également contribué les étudiantes du diplôme universitaire en Droit des Animaux de l’Université de Toulon, ont abouti à un acte fondateur. Les deux premières journées se sont en effet conclues par la signature d’une résolution (numérotée 2026/02) visant à promouvoir un ordre juridique mondial renouvelé. Dans ce cadre, la « Charte du droit du vivant » a été formellement adoptée par l’AIPPF, marquant une volonté partagée de faire du droit un levier plus efficace pour la protection de la nature.
Repenser le développement durable à l’échelle mondiale
Un autre temps fort de l’événement fut la présentation par l’Assemblée de la Terre – France des premiers résultats de ses travaux. Pendant un an, ce collectif s’est attelé à une réécriture des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies sous un angle « écocentré », c’est-à-dire plaçant les écosystèmes au cœur des préoccupations. Cette démarche a été saluée par la présence de Maria Mercedes Sanchez, fondatrice du programme « Harmony with Nature » de l’ONU, soulignant la portée internationale de l’initiative.
Ce projet ambitieux est porté par Caroline Regad et Cédric Riot, enseignants-chercheurs à la Faculté de droit de Toulon et experts reconnus auprès du programme onusien. Leur méthode se veut résolument interdisciplinaire, en associant juristes, scientifiques, institutions publiques, collectivités, associations et citoyens.
À travers l’organisation de ces Assises, l’Université de Toulon réaffirme son rôle de catalyseur de débats internationaux et sa capacité à créer des passerelles entre la recherche académique et les transformations sociétales. En faisant dialoguer le droit et les sciences, l’institution se positionne comme un acteur engagé, ouvert sur son territoire et connecté aux grands enjeux planétaires.