Lutte contre les guet-apens homophobes : la France formalise une coopération inédite avec les applications de rencontre
- Par Valérie Noriega --
- le 25 mars 2026
Le 23 mars, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a signé une charte d’engagement avec plusieurs plateformes de rencontre, dont Tinder, Grindr, Bumble et Happn, afin de lutter contre les violences visant les personnes LGBT+. Cette initiative réunit également les pouvoirs publics, des associations et les forces de l’ordre.
Ces dernières années, les guet-apens LGBTphobes organisés via ces applications se sont multipliés. En 2024, les associations en ont recensé un tous les quatre jours. « Les guet-apens LGBTphobes ne sont pas des rencontres qui auraient mal tourné. Ce sont des violences organisées qui visent des personnes simplement parce qu’elles sont ou qu’elles sont supposées être LGBT+ », rappelle la ministre.
Le mode opératoire est récurrent : des individus créent de faux profils, attirent leurs victimes à un rendez-vous puis les agressent en raison de leur orientation sexuelle ou identité supposée. Dans ce contexte, la ministre souligne que « des outils conçus pour créer des rencontres et du lien ne peuvent être plus longtemps détournés pour tendre des pièges et organiser la haine ».
Si les applications de rencontre ont contribué à transformer les relations sociales et permis à de nombreuses personnes, notamment LGBT+, de nouer des liens, elles peuvent aussi être exploitées à des fins malveillantes. L’anonymat, les faux profils et la géolocalisation figurent parmi les éléments utilisés pour cibler les victimes.
Prévenir, signaler et protéger
La charte signée le 23 mars vise à structurer une réponse collective. Elle repose sur trois priorités : prévenir, signaler et protéger. Les plateformes s’engagent notamment à renforcer l’information des utilisateurs, encourager les profils vérifiés, améliorer les dispositifs de signalement et conserver certaines données utiles aux enquêtes, y compris après la suppression de comptes.
Dans ce cadre, les acteurs numériques devront également approfondir leur coopération avec les forces de l’ordre afin de faciliter l’identification et la poursuite des auteurs. « Avec cette charte, la France devient le premier pays au monde à établir ce niveau de coopération avec les plateformes Tinder, Grindr, Bumble et Happn pour prévenir les violences, faciliter les signalements et mieux protéger les victimes », souligne Aurore Bergé.
La signature s’est tenue en présence de Clara Chappaz, ambassadrice pour le numérique et l’intelligence artificielle, de Mathias Ott délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (DILCRAH), ainsi que de plusieurs associations, parmi lesquelles SOS homophobie, STOP homophobie, Le Refuge et FLAG !.
Pour le gouvernement, cet engagement répond à une exigence de protection. « La République a un devoir clair : garantir à chacune et chacun le droit de vivre et d’aimer librement, en sécurité », conclut la ministre