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29 janvier 2019

Marc Jean-Talon, président
Marc Jean-Talon, président du Tribunal de Grande Instance de Nice
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Le magistrat a été installé dans ses fonctions lundi 21 janvier 2019 à l’occasion de l’audience solennelle de rentrée.

Succéder à Alain Chateauneuf à la présidence du Tribunal de Grande Instance de Nice n’est pas chose aisée tant ce magistrat, nommé au cours de l’été premier président de la Cour d’Appel de la Réunion, a marqué son passage sur la Côte d’Azur par son sens de l’écoute et son humanisme.
Arrivé il y a quelques semaines dans les Alpes- Maritimes, Marc Jean-Talon, 64 ans, nouveau"titulaire" du poste, a pu le mesurer en faisant le tour de ses services et en visitant d’autres juridictions.
Ici, il aura la responsabilité d’un effectif - important mais pas pléthorique - de 253 personnes, dont 57 magistrats du siège en comptant les tribunaux d’instance de Menton et de Nice, et de sept magistrats à titre temporaire, tandis que le parquet dispose de seize magistrats et six délégués du Procureur.

Un grand tour de France...

Il est revenu à Laurence-Anne Michel, première vice-présidente qui a assuré l’intérim, d’ouvrir l’audience solennelle de rentrée ce lundi et de présenter à la nombreuse assistance - élus locaux et nationaux, représentants des professions du Droit, forces de police et de gendarmerie, services de l’État etc. - le nouveau président et de résumer sa carrière.
Celui-ci a occupé un premier poste dans la magistrature à Martigues en 1991, avant
d’effectuer un grand tour des juridictions, que ce soit comme juge au TI de Carpentras et de Roanne, comme juge-président aux TGI de Marseille et d’Avignon, comme substitut à Fort-de-France, à Monaco pour le ministère des Affaires étrangères, à Basse-Terre comme conseiller à la Cour d’Appel.
Avant sa nomination à Nice, annoncée au Journal Officiel du 28 octobre, Marc Jean-Talon occupait la présidence du TGI de Pau.

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Le président Jean-Talon a été installé ce lundi au TGI de Nice. (DR JMC)

"Notre juridiction a su faire face à sa mission au prix d’efforts importants. Elle a aussi ses fragilités, vous avez pu en prendre la mesure en visitant les personnels" lui a adressé Mme Laurence-Anne Michel. Qui a été remerciée pour "ces quelques mois d’intérim (effectués) dans des conditions qu’il faut bien qualifier de difficiles", lui a répondu le nouveau président du TGI.
Dans son discours, il a parlé de Murât Arsian, président de l’association des juges et procureurs turcs, prix Vaclac Havel des droits de l’homme, aujourd’hui condamné à dix ans de prison dans son pays, où il ne fait pas bon contrarier le pouvoir d’Erdogan. Toutes choses n’étant pas comparables par ailleurs, Marc Jean-Talon a cependant évoqué à mots "mouchetés" la situation sociale de l’Hexagone. "En ces temps où en France le respect de la loi apparaît parfois facultatif, y compris à de hauts responsables, il faut se souvenir que l’État de Droit est indispensable à la démocratie (...) et qu’il s’agit d’une construction fragile, voire mortelle, qui doit sans cesse être défendue et dont nous sommes tous, chacun à notre place, les garants".
Le président a ensuite présenté ses principaux axes de travail, au-delà de la vérité des chiffres et statistiques de l’activité du tribunal dont dépendent pourtant les dotations matérielles et humaines. Il a rappelé les "trois principales missions qui sont de protéger, d’arbitrer les conflits entre les personnes et de sanctionner les comportements interdits". Il a souhaité que la collégialité soit favorisée : "connaître et faire connaître la jurisprudence de la juridiction, partager les expériences... donner plus de sens à notre activité juridictionnelle".
Enfin, se tournant vers le procureur de la République Jean-Michel Prêtre, il a assuré "partager la gestion de la juridiction dans un système bicéphalique (...) qui montre chaque jour son efficacité dans la gestion".
Le nouveau président du TGI de Nice a tenu à saluer "la qualité des relations établies" avec le greffe, avec le Barreau de Nice représenté à l’audience par Maîtres Valentin Cesari et Martine Videau-Gilli et, parmi d’autres projets, a annoncé vouloir "travailler à l’amélioration des dispositifs de règlement amiable des litiges".

Photo de Une : Venant du TGI de Pau, Marc Jean-Talon a pris les rênes de la juridiction niçoise. (JMC)

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