Nice : Une jeune femme

Nice : Une jeune femme meurt après une injection esthétique illégale, deux femmes écrouées

Une jeune femme de 25 ans est décédée dimanche 27 juillet dans un salon esthétique de Nice, après une intervention à visée esthétique. Une information judiciaire a été ouverte et deux femmes ont été placées en détention provisoire.

Le drame s’est produit dimanche 27 juillet, dans l’après-midi, au sein du centre esthétique Ame Studio, situé rue Auguste-Pégurier à Nice. Selon le procureur de la République de Nice, la victime s’était rendue dans l’établissement pour des injections de botox au niveau des fessiers.
D’après les premiers éléments de l’enquête, un produit anesthésiant à base de lidocaïne lui a été injecté avant l’intervention. La jeune femme a immédiatement fait un malaise. Malgré une tentative de réanimation par la personne ayant pratiqué l’injection, puis l’intervention rapide des secours, elle est décédée sur place.
Un magistrat du parquet s’est rendu sur les lieux et une enquête de flagrance a été ouverte, notamment pour homicide involontaire, exercice illégal de la médecine et administration de substances nuisibles. Les investigations ont été confiées au Service local de police judiciaire de Nice, en co-saisine avec l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARS Paca).

Des produits injectables saisis

Deux femmes ont d’abord été placées en garde à vue : celle qui a pratiqué l’injection, née en 1990, et la gérante du salon, née en 1998. Un troisième suspect, un homme né en 1992 et époux de la première, a ensuite été interpellé après avoir emporté des produits présents dans le salon juste après les faits.
La perquisition des locaux a permis la découverte de nombreux médicaments, seringues et produits injectables, neufs et usagés, présentés comme provenant d’Asie. Les enquêteurs ont également saisi 1 500 € en espèces.
Selon les premiers éléments recueillis, la personne ayant pratiqué l’injection ne disposait ni de formation reconnue ni d’autorisation pour réaliser ce type d’actes. Habituellement domiciliée en région parisienne, elle s’est présentée comme esthéticienne et a reconnu exercer cette activité d’injection de manière non déclarée. En vacances dans le Var, elle aurait été sollicitée par la gérante du salon pour intervenir à Nice. Elle a également admis utiliser des produits réglementés réservés à un usage médical.
Les investigations laissent penser que cette activité illégale pourrait remonter à 2022.

La gérante reconnaît avoir pratiqué des injections

La gérante du salon a indiqué avoir ouvert son établissement en juillet 2024 et n’y pratiquer, selon ses déclarations initiales, que des soins du visage et du blanchiment dentaire. Elle a expliqué louer ponctuellement les locaux à des intervenants extérieurs, le plus souvent rémunérés en espèces, sans connaître précisément la nature des prestations réalisées. Au cours de son audition, elle a finalement reconnu avoir elle-même pratiqué des injections avant de cesser cette activité. L’enquête a également établi que l’enseigne ne disposait d’aucune existence administrative ou fiscale et que la gérante était déjà connue pour des manquements relevés lors de précédents contrôles.
Le troisième mis en cause s’est présenté de lui-même au commissariat le 28 juillet. Il a déclaré ignorer le caractère illégal de l’activité de son épouse et a remis aux enquêteurs les produits qu’il avait emportés à sa demande après les faits.

Une information judiciaire ouverte

Une autopsie de la victime a été ordonnée. Le 29 juillet, une information judiciaire a été ouverte pour de nombreuses infractions, parmi lesquelles l’homicide involontaire aggravé, l’exercice illégal de la profession de médecin, l’exercice d’une activité de chirurgie esthétique dans une installation non autorisée, plusieurs infractions liées à la détention, l’importation et l’utilisation de médicaments réglementés, ainsi que le travail dissimulé et la destruction de preuves.
À l’issue de leur présentation devant le juge d’instruction, les deux femmes ont été mises en examen pour l’ensemble des faits et placées en détention provisoire. Le troisième mis en cause a été placé sous contrôle judiciaire.
Dans son communiqué, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, souligne que cette affaire intervient dans un contexte de multiplication des activités esthétiques illégales. Il rappelle qu’au mois de juin, plusieurs personnes avaient déjà été condamnées dans des dossiers distincts portant sur des faits similaires.

Photo de Une (illustration ) ©DR