Protection de l'enfance :

Protection de l’enfance : coopération renforcée entre État, Justice et Département

Face à l’évolution des profils des mineurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), l’État, la Justice et le Département des Alpes-Maritimes entendent renforcer leur coordination. Réunis le 2 juillet à l’initiative du président du Conseil départemental, Charles Ange Ginésy, et du préfet Laurent Hottiaux, les principaux acteurs institutionnels ont dressé un état des lieux partagé et arrêté plusieurs pistes de travail destinées à améliorer la prise en charge des situations les plus sensibles. Les parquets de Nice et de Grasse, les présidences des tribunaux judiciaires, les services de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), les forces de sécurité intérieure ainsi que les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance étaient réunis à cette occasion.
Les participants ont constaté une complexification croissante des prises en charge, qu’il s’agisse des mineurs relevant du droit commun ou des mineurs non accompagnés. Si la grande majorité des enfants confiés à l’ASE bénéficie d’un accompagnement adapté, une part limitée des situations concentre désormais des difficultés multiples, mêlant violences, conduites addictives, phénomènes de prostitution ou encore emprise de réseaux délinquants.
Selon les chiffres présentés lors de cette réunion, moins de 4 % des 1 845 enfants actuellement confiés au Département relèvent de ces situations particulièrement complexes. Elles mobilisent toutefois fortement les professionnels, mettent sous tension les structures d’accueil et nécessitent une coordination renforcée entre les différents intervenants. Le Département a rappelé avoir augmenté de 30 % en cinq ans les moyens consacrés à la protection de l’enfance afin de développer ses capacités d’accueil, d’accompagnement et de protection. Les échanges ont souligné que l’évolution des problématiques rencontrées appelle désormais des réponses dépassant le seul champ de l’action sociale.

Création d’un groupe de travail dédié

Plusieurs orientations ont ainsi été retenues à l’issue de cette rencontre. Les institutions souhaitent renforcer le partage d’informations entre les services, améliorer l’articulation entre les secteurs social, médico-social, judiciaire et psychiatrique, et adapter les modalités de prise en charge aux profils les plus complexes. Pour traduire ces orientations en mesures opérationnelles, un groupe de travail réunissant les services de l’État, la Justice, la Protection judiciaire de la jeunesse et le Département sera installé dans les prochaines semaines. Sa mission sera d’élaborer des réponses concrètes afin de mieux accompagner les mineurs concernés tout en garantissant la sécurité des professionnels et le bon fonctionnement des établissements d’accueil.
À l’issue de cette réunion, les différents partenaires ont réaffirmé leur volonté commune de préserver la vocation première de la protection de l’enfance : assurer la protection des mineurs les plus vulnérables grâce à une action coordonnée entre l’ensemble des institutions compétentes.

Photo de Une : illustration ©DR