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Saint-Cyr-sur-Mer : Une enquête ouverte après de possibles dégradations sur l’épave d’un avion américain de la Seconde Guerre mondiale

Les services de l’État ont renforcé la protection de l’épave d’un avion militaire américain de la Seconde Guerre mondiale, située à 38 mètres de profondeur dans la baie des Lecques, au large de Saint-Cyr-sur-Mer (Var). Une enquête judiciaire est en cours après le signalement de possibles dégradations sur ce site archéologique sous-marin.

La préfecture maritime de la Méditerranée et le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), rattaché au ministère de la Culture, ont annoncé mercredi 22 juillet la mise en œuvre de mesures conservatoires destinées à préserver ce bien culturel maritime.

Un vestige unique en France

L’épave est celle d’un chasseur américain Lockheed P-38 Lightning, abattu le 7 janvier 1944 lors d’une mission d’escorte de bombardiers B-17 visant l’aérodrome de Salon-de-Provence. Ce jour-là, deux appareils sont touchés au-dessus de la baie de Saint-Cyr-sur-Mer. Le premier, piloté par le sous-lieutenant James G. Riley, est détruit en vol. L’aviateur perd la vie dans le crash. Le second, piloté par le sous-lieutenant Harry H. Greenup, parvient à amerrir avant que son pilote ne soit capturé. Fait prisonnier de guerre, il sera rapatrié aux États-Unis en avril 1945.
Restée immergée pendant plus de cinquante ans, l’épave est redécouverte le 6 novembre 1996 par Marcel Camilleri, plongeur et directeur du Lecques Aquanaut Center.
Le site présente un intérêt patrimonial particulier. Il s’agit du seul exemplaire identifié et conservé de ce type d’aéronef dans les eaux françaises. L’appareil appartient au même modèle que celui piloté par Antoine de Saint-Exupéry, disparu en Méditerranée quelques mois plus tard.
Chaque année, de nombreux plongeurs se rendent sur ce site devenu un lieu de mémoire consacré à l’histoire des aviateurs alliés engagés lors de la Seconde Guerre mondiale.

Une expertise suivie d’un signalement à la justice

Le 16 juillet, la préfecture maritime de la Méditerranée a signalé au Drassm de possibles dégradations sur l’épave. Le lendemain, une équipe du service, appuyée par la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de La Ciotat, a procédé à une première expertise en plongée. À l’issue de cette intervention, le Drassm a effectué un signalement au procureur de la République, conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale. Le parquet de Toulon a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances et l’origine des dommages constatés.

Une interdiction temporaire de plongée

Dans l’attente des résultats des expertises, la préfecture maritime de la Méditerranée a pris, le 17 juillet, un arrêté interdisant temporairement le mouillage et la plongée sous-marine aux abords de l’épave.
Cette mesure vise à garantir la préservation du site archéologique pendant le déroulement des investigations.

Visuel de Une : illustration ©DR