SWIM LEGAL : pour mettre

SWIM LEGAL : pour mettre en contact avocats et entrepreneurs

Entre les entreprises et les avocats, il y avait un chaînon manquant. Celui leur permettant de se rencontrer, rapidement et facilement, en un seul lieu, pour trouver des solutions à des problématiques juridiques précises. Swim Legal, créée en 2023, permet désormais aux dirigeants de toute la France d’accéder en quelques heures à l’expertise juridique, là où elle se trouve. Cette plateforme, qui regroupe déjà près de 250 avocats et couvre 400 spécialités juridiques et secteurs, assure bien plus qu’une simple mise en relation entre client et avocat. Les explications de Marine Cahn, directrice générale.

À quels besoins répond Swim Legal ?

- Marine Cahn  : Swim a été créée pour répondre à la fois aux demandes des avocats d’être plus facilement identifiables sur le marché et à celles des dirigeants d’accéder plus facilement à l’expertise juridique et à un tarif de marché. Ce projet a été incubé au sein de l’incubateur du Barreau de Paris de façon à apporter toutes les garanties déontologiques, et a reçu le prix de l’innovation en 2023. Pour les avocats, la plateforme leur permet de développer du chiffre d’affaires en augmentant leur visibilité auprès de leur cible de clientèle, sans être contraints de chercher des clients en parcourant la France. Les dirigeants, quant à eux, n’ont pas de temps à perdre à chercher le bon avocat sur le web.

Vous parlez de visibilité…

 Oui. Il y a en France beaucoup d’avocats indépendants qui n’ont ni associés, ni collaborateurs, ni même assistants. Ce sont des coûts fixes de fonctionnement qu’ils ne souhaitent pas engager. Quand ils s’installent (seuls donc), ils perdent souvent leur traction commerciale et peinent à accéder à certains dossiers, et ce, même s’ils viennent d’un cabinet reconnu. Un avocat qui intègre notre plateforme se trouve être fictivement membre d’un grand cabinet pluridisciplinaire, composé de 250 avocats, pour l’essentiel des indépendants, et bénéficie surtout de la force de prospection de la plateforme auprès des entreprises.

Comment se passe le recrutement ?

 Nous intégrons régulièrement de nouveaux talents sur la plateforme, mais notre vocation n’est pas de nous adresser aux 77 000 avocats français. Les candidats s’inscrivent sur Swim Legal ; nous les contactons ensuite pour leur expliquer notre fonctionnement et vérifier qu’ils répondent à certains critères.

Quels critères ?

 Les candidats doivent avoir suffisamment d’expérience pour être autonomes et opérationnels dans les dossiers (souvent au-delà de 5 ou 6 ans de barre, selon les domaines d’expertise). Le critère du domaine d’expertise est tout aussi important. Seules les entreprises peuvent déposer des demandes d’accompagnement juridique sur Swim Legal. Aussi, certains domaines juridiques propres au B2C, tels que le droit de la famille, le droit des successions et le droit des étrangers, ne sont pas représentés sur la plateforme. Nous nous concentrons sur le droit des affaires au sens large : droit des sociétés, droit social, droit bancaire et financier, droit immobilier, droit de la concurrence, droit du numérique et des données, compliance, droit pénal des affaires, etc. Bref, tous les domaines juridiques qui ponctuent la vie des entreprises et de leurs dirigeants.

Des exemples de profils…

 Nous apprécions particulièrement les avocats qui, dans leur parcours, ont connu le monde de l’entreprise. Ils ont été juristes, responsables juridiques, voire directeurs juridiques, ou ont connu de nombreux détachements en entreprise. Ils y ont déjà acquis une expérience, des connaissances et une sensibilité utiles pour la conduite des missions qui leur sont confiées. Nous avons aussi une appétence pour les expertises de niche — comme l’e-sport, le droit de la santé ou les sujets d’actualité en droit du numérique (DORA, Data Act, AI Act), etc. — car ce sont des domaines qui, juridiquement parlant, sont soit très réglementés, soit marqués par des zones de flou dans lesquelles il est pertinent de s’investir.

Et pour les entrepreneurs, cela se passe comment ?

 Les entreprises déposent leurs besoins sur notre plateforme. Cela va de la simple consultation téléphonique jusqu’à un accompagnement personnalisé sur des dossiers très complexes ou des détachements de plusieurs mois (remplacement lors de congés maternité ou paternité, d’arrêts maladie, etc.). Nous aidons, si besoin, le dirigeant à qualifier juridiquement son besoin. L’algorithme va ensuite sélectionner cinq avocats parmi l’ensemble des profils présents sur la plateforme qui, par leurs profils et leurs expériences respectives, seront les plus pertinents pour traiter la demande du client. Ces avocats reçoivent en temps réel une notification et candidatent s’ils sont disponibles et intéressés. Un rendez-vous de cadrage préalable est proposé au client, qui recevra ensuite un devis pour la prestation demandée. Il pourra alors comparer et valider le devis qui lui convient le mieux en toute connaissance de cause.

Comment trouvez-vous les clients ?

 Nous avons une équipe qui prospecte chaque jour les entreprises pour identifier leurs éventuels besoins d’accompagnement juridique et leur proposer les services de la plateforme.

Quid de la confidentialité ?

 La plateforme est un environnement clos. La confidentialité est donc garantie. Tous les échanges se déroulent sur une messagerie sécurisée à laquelle chaque client et chaque avocat ont accès depuis leur espace Swim. Il est important de préciser que les missions se déroulent en dehors de la plateforme, en toute indépendance pour l’avocat, qui suivra son process habituel de traitement de dossiers. Aucun document confidentiel propre aux dossiers confiés via la plateforme ne transite par elle.

J’imagine que votre service n’est pas gratuit...

 Pour offrir un service joignable 24 h/24, 7 j/7 et accéder aux profils les plus qualifiés, nous nous rémunérons en percevant une commission d’utilisation de la plateforme qui est facturée au client et qui est indiquée clairement au moment du devis soumis par l’avocat, en sus de ses honoraires. De cette façon, le client connaît le coût global de sa prestation et maîtrise son budget. Les avocats, quant à eux, paient une adhésion annuelle pour accéder aux missions déposées par les entreprises. La plateforme gère intégralement la facturation et le paiement des honoraires par les clients. Les avocats bénéficient ainsi d’une plateforme intuitive qui automatise l’administratif et maximise le temps facturable.

N’est-ce pas une activité se déroulant surtout sur Paris et en Île-de-France ?

 Non, nous sommes au contraire ouverts à tout le territoire français. Une entreprise azuréenne va aussi bien pouvoir trouver un conseil local qu’un conseil établi hors de sa région d’origine. De la même manière, un avocat azuréen va pouvoir travailler pour une entreprise locale ou une entreprise située loin de Nice pour une mission dont il n’aurait pas pu avoir connaissance sans la plateforme. Notre action est aussi parfois très « locale » : par exemple, la juriste d’une entreprise du Sud-Ouest vient de partir pour un long congé maternité, son employeur cherchant à la remplacer jusqu’à sa reprise de poste. Swim Legal va essayer d’adresser cette demande à un avocat de la région, qui pourra plus facilement y répondre qu’un avocat situé à l’autre bout de la France. Mais tout est possible : les avocats savent se déplacer !

Quel est le « profil » des entreprises clientes ?

 Nous nous adressons à toutes les tailles d’entreprises, depuis la TPE jusqu’aux grands groupes cotés. Les besoins d’accompagnement sont surtout importants dans les PME qui n’ont pas de service juridique dédié. Nous intervenons aussi pour les très grandes entreprises sur des questions particulièrement pointues demandant des compétences spécialisées et sectorielles (santé, logistique, télécoms, immobilier, énergie, compliance, etc.).

Propos recueillis par Jean-Michel Chevalier

Photo de Une : Marine Cahn, directrice générale. SWIM LEGAL ©DR