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6e Monaco Smart & Sustainable Marina : Biodiversité, climat, numérique... les ports de plaisance à l’heure des transformations

Le 6e Monaco Smart & Sustainable Marina se tiendra les 20 et 21 septembre au Yacht Club de Monaco. Pendant deux jours, professionnels des marinas, investisseurs, architectes et industriels venus d’une trentaine de pays échangeront sur les transformations qui touchent les ports de plaisance : décarbonation, biodiversité, cybersécurité, intelligence artificielle ou encore financement des infrastructures.

Les ports de plaisance concentrent désormais des enjeux économiques, environnementaux et technologiques qui obligent leurs gestionnaires à repenser leur fonctionnement. C’est autour de ces mutations que se tiendra, les 20 et 21 septembre 2026 à Monaco, la sixième édition du Monaco Smart & Sustainable Marina Rendezvous.

Organisé au Yacht Club de Monaco par M3 Monaco, l’événement réunira des acteurs issus d’une trentaine de nations. Le secteur connaît actuellement une importante dynamique d’investissement : selon des données citées par l’International Boat Industry en août 2026, plus d’un milliard d’euros sont engagés à travers le monde dans des projets de marinas, dans un contexte de demande croissante pour les places d’amarrage et les infrastructures destinées notamment aux super-yachts.

Des ports confrontés à de nouvelles contraintes

Derrière ces investissements se pose une question simple : comment construire et exploiter les ports de plaisance de demain sans reproduire les modèles du passé ?
Les infrastructures portuaires sont directement concernées par le changement climatique et l’évolution des usages du littoral. Montée du niveau de la mer, épisodes météorologiques plus intenses, pression sur les espaces côtiers ou nécessité de mieux préserver les écosystèmes marins sont autant de paramètres à intégrer dès la conception des nouveaux projets. La biodiversité prend ainsi une place croissante dans les réflexions. Construire ou réaménager une marina suppose de mesurer son impact sur les milieux naturels, mais aussi de chercher des solutions permettant de mieux intégrer les infrastructures dans leur environnement. Pour les professionnels du secteur, l’enjeu est donc de concilier attractivité des ports, activité économique et préservation des écosystèmes.
Réduire l’empreinte environnementale sans abandonner les infrastructures existantes La transition énergétique constitue un autre chantier majeur. La décarbonation ne concerne pas uniquement les futurs bateaux ou les nouvelles marinas : une grande partie des infrastructures et des flottes actuellement en service devront elles aussi évoluer.
Cela pose des questions très concrètes aux exploitants. Comment réduire les consommations d’énergie ? Comment produire localement une partie de l’électricité nécessaire au fonctionnement d’une marina ? Comment adapter les équipements existants aux nouveaux besoins ? Et surtout, comment financer ces transformations ?

  • Ces interrogations seront notamment abordées lors de tables rondes consacrées à la décarbonation de la flotte existante, aux nouveaux matériaux de construction et aux modèles de financement des infrastructures portuaires.

Des ports de plus en plus connectés, donc plus exposés

La transformation des marinas est également numérique. Gestion des places, surveillance, maintenance, services aux plaisanciers : de nombreuses fonctions reposent désormais sur des systèmes connectés. Cette évolution apporte des gains en efficacité, mais elle crée aussi de nouvelles vulnérabilités. Une marina connectée devient potentiellement une infrastructure exposée aux cyberattaques. La cybersécurité devient donc un sujet opérationnel, au même titre que la sécurité physique du port. L’intelligence artificielle ouvre, de son côté, de nouvelles possibilités : analyse des données, optimisation des opérations, gestion des flux ou amélioration des services. Mais son utilisation soulève également des questions sur les usages, la fiabilité des outils et la manière dont ces technologies peuvent être intégrées dans des infrastructures qui doivent fonctionner en permanence.
Investir dans les ports tout en les adaptant aux territoires
Ces transformations ont enfin une dimension économique et territoriale. Une marina représente un investissement important et s’inscrit dans un environnement côtier où les espaces disponibles sont limités. Les projets doivent donc répondre à plusieurs exigences à la fois : être économiquement viables, répondre aux attentes des usagers, s’intégrer au territoire et anticiper des contraintes environnementales qui pourraient se renforcer dans les prochaines décennies. C’est notamment le rôle des architectes et des ingénieurs, qui devront imaginer des infrastructures capables d’évoluer. Les projets présentés à Monaco porteront ainsi sur l’adaptation climatique, la production d’énergie, l’intégration territoriale et l’évolution des usages.

Un secteur qui cherche des solutions concrètes

Pour confronter ces problématiques, le rendez-vous monégasque réunira une trentaine de sociétés sélectionnées dans la catégorie Innovation, une dizaine de marinas ainsi que de nombreux projets architecturaux présentés par des professionnels et des étudiants. La première journée sera consacrée notamment à la cybersécurité des marinas connectées, aux nouveaux matériaux et à la décarbonation. Le lendemain, les échanges porteront sur la biodiversité, le financement, l’architecture, l’intelligence artificielle et les nouveaux projets de marinas. L’objectif n’est pas seulement d’identifier les défis auxquels les ports seront confrontés, mais de confronter des solutions déjà expérimentées sur le terrain. Un enjeu qui dépasse finalement le seul monde du yachting : dans des territoires où l’espace littoral est de plus en plus convoité, les marinas deviennent elles aussi un laboratoire de la manière dont il faudra aménager, exploiter et préserver les côtes dans les prochaines décennies.

Lerendez-vous s’achèvera par la remise des Monaco Smart & Sustainable Marina Awards, qui distingueront les projets retenus par un jury international.

Photo de Une (vue d’une édition précédente) ©Balco