À Antibes, le Port Gallice achève sa métamorphose en « port bleu, blanc, vert »
- Par Valérie Noriega --
- le 28 mai 2026
Après près de huit années de travaux et d’études, le Port Gallice, à Juan-les-Pins, a officiellement achevé sa transformation. Porté par la société Gallice 21 et la Chambre de Commerce et d’Industrie Nice Côte d’Azur, ce chantier de réhabilitation, engagé en 2018, représente un investissement de 18 millions d’euros entièrement financé par la CCI.
Construit à la fin des années 1960 par l’architecte Guillaume Gillet, le port faisait figure d’héritage emblématique des Trente Glorieuses. L’objectif de cette vaste opération était de moderniser les infrastructures tout en préservant l’identité architecturale méditerranéenne originelle du site.
Un port nouvelle génération
Situé à l’entrée du Cap d’Antibes, face aux îles de Lérins, le Port Gallice dispose désormais d’équipements entièrement restructurés : 436 postes d’amarrage, 756 mètres linéaires de quais, des bâtiments rénovés, des espaces paysagers requalifiés ainsi que des toitures végétalisées accessibles au public. « Aujourd’hui à Antibes, nous avons marqué une étape importante avec l’achèvement des travaux du Port Gallice », a déclaré Jean-Pierre Savarino, président de la CCI Nice Côte d’Azur et président de Gallice 21. « Le Port Gallice devient un équipement portuaire de nouvelle génération : innovant, durable et pleinement inscrit dans la valorisation de notre patrimoine maritime. »
Une architecture méditerranéenne modernisée et durable
La rénovation a été confiée à l’Atelier d’Architecture Philippe Prost, qui a choisi de préserver les lignes modernistes du port tout en intégrant les standards environnementaux contemporains. Le projet repose sur une approche bioclimatique : végétalisation des patios et des toitures, matériaux biosourcés, gestion des eaux pluviales, ventilation naturelle et rehaussement des quais pour anticiper la montée du niveau de la mer.
Le maire d’Antibes Juan-les-Pins, Jean Leonetti, a salué « une transformation exemplaire » appelée, selon lui, « à inspirer l’ensemble des futurs aménagements de la ville ». L’élu a insisté sur la philosophie du projet, résumée par la formule « Bleu, Blanc, Vert » : « Bleu, comme la Méditerranée. Vert, comme un jardin à ciel ouvert accessible aux Antibois. Blanc, comme une œuvre architecturale moderne parfaitement intégrée. »
Plus de 10 000 plantations pour un port-jardin
Au-delà de la modernisation portuaire, le chantier a également cherché à renforcer la place du végétal dans cet espace longtemps très minéral. Plus de 10 000 plantations méditerranéennes ont été intégrées au projet paysager, conçu en partenariat avec la Villa Thuret et l’INRA. Les patios du bâtiment nord ont été requalifiés en espaces collectifs végétalisés, tandis qu’un vaste toit-terrasse jardin offre désormais un belvédère sur le Golfe Juan. Le projet paysager privilégie des espèces adaptées au climat méditerranéen et aux épisodes de sécheresse, avec une logique de sobriété hydrique.
Le Port Gallice candidat au label « Architecture Contemporaine Remarquable »
La qualité architecturale et environnementale de l’opération pourrait prochainement être reconnue au niveau national. Le dossier de labellisation « Architecture Contemporaine Remarquable » a en effet été validé par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), une distinction venant saluer une réhabilitation menée dans le respect du patrimoine moderniste et des exigences écologiques actuelles. Jean-Pierre Savarino a tenu à remercier l’ensemble des partenaires financiers et institutionnels mobilisés autour du projet, notamment la Banque des Territoires, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, la Ville d’Antibes Juan-les-Pins ainsi que les équipes de Gallice 21, de la CCI Nice Côte d’Azur et de l’Atelier Philippe Prost.
Un nouvel atout pour le littoral azuréen
Avec cette rénovation, le Port Gallice entend désormais conjuguer attractivité nautique, valorisation patrimoniale et transition environnementale, dans un secteur particulièrement stratégique du littoral azuréen. Pensé comme un « port-paysage », le site ambitionne de devenir à la fois un équipement portuaire de référence, un espace de promenade ouvert sur la Méditerranée et une vitrine du savoir-faire architectural et environnemental de la Côte d’Azur.
