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Alexia Barrier, « première femme méditerranéenne » au départ du Vendée Globe

Aventurière dans l’âme et navigatrice passionnée, Alexia Barrier, originaire de Nice, sera au départ du Vendée Globe de cette année. La jeune femme s’élancera pour un tour du monde en solitaire de la Baie des Sables-d’Olonne à 13h02 précises le 8 novembre prochain. Plus qu’une course, ce challenge est surtout l’occasion de réaliser son rêve de petite fille. Portrait d’une marin engagée pour qui rien n’est impossible tant qu’on y croit.

Pour Alexia Barrier, aventure en mer rime avec liberté DR Xavier Giraud

Si Alexia Barrier ne nait pas près de la mer, elle en deviendra très vite amoureuse. De Paris, ses parents emménagent à Nice alors qu’elle n’a que trois ans. Et très vite la Méditerranée devient sa deuxième maison : « en arrivant sur la Côte d’Azur, mes parents achètent un petit voilier de 6 mètres avec des amis. Ils nous emmenaient souvent naviguer mon frère et moi. Je me souviens de nos escapades en mer, des pique-niques aux îles de Lérins et aux alentours d’Antibes », se remémore-t-elle, un brin nostalgique. « C’est d’ailleurs comme ça que j’ai tiré mes premiers bords à la voile », dit-elle. Dans son adolescence, la voile n’est finalement qu’un hobby familial : « Je faisais de petites courses avec mon père, mais à cette époque là j’étais championne de basketball et je jouais en régional. J’adore la compétition depuis toute petite  ». C’est seulement quelques années plus tard qu’Alexia Barrier lâchera son ballon pour la voile. «  Je me suis lancée dans la voile car je voulais performer. Et comme ce n’était pas possible de faire carrière dans le basket, j’ai finalement choisi de devenir championne et professionnelle de voile ».

Le Vendée Globe, « la dernière aventure humaine qui existe »

Alexia Barrier fait partie des 6 skippers féminines sur cette édition du Vendée Globe. "C’est un progrès mais j’espère qu’ensemble nous pourrons inspirer d’autres jeunes filles et jeunes femmes. Rien n’est une question de genre. On peut faire ce qu’on veut" A.B DR et courtesy Franz Chavaroche

« À 10 ou 12 ans je me souviens avoir regardé le départ du Vendée Globe à la télévision. J’ai encore ce souvenir d’avoir eu des frissons et de me dire qu’un jour, moi aussi je ferai le tour du monde à la voile ». Pour la jeune femme, faire ce Vendée Globe aujourd’hui signifie beaucoup « C’est mon rêve de petite fille qui se réalise, je trouve cela poétique. Mais participer au Vendée Globe représente aussi beaucoup pour ma carrière. C’est la suite logique dans mon parcours de navigatrice à haut niveau. Je suis vraiment fière et heureuse d’y être arrivé  ». La jeune femme appréhende la course qui l’attend comme «  la dernière aventure humaine qui existe » : «  C’est extraordinaire de pouvoir faire le tour du monde en solitaire sans assistance. C’est tout simplement incroyable !  ». Si l’idée de voguer sur les océans seul peut en effrayer plus d’un, avec 17 courses transatlantiques au compteur, Alexia Barrier en a vu d’autres. « Aujourd’hui je n’ai pas peur. Peut-être aurai-je quelques frayeurs pendant le parcours, mais ça fait partie du jeu. Et c’est aussi une manière de se préserver soi et son bateau ». Pour elle, aventure en mer rime avec liberté : « On choisit notre route, on élabore notre stratégie en fonction des éléments et de la météo… On vit au contact de ces éléments et on apprend à danser avec eux. Il suffit de trouver le bon équilibre entre ces éléments, soi et son bateau ». Pourtant prête à donner le meilleur d’elle-même durant cette expédition de plusieurs mois, Alexia Barrier reste lucide. D’un ton neutre et réaliste, elle assure ne pas pouvoir gagner cette course : « j’ai le plus vieux bateau de la flotte. Sur le papier c’est le moins rapide de tous. Mais ce bateau a déjà vécu 6 tours du monde et 4 Vendée Globe. Il a l’air solide  ». Mais gagner ne semble pas être ce qui motive la jeune navigatrice dans cette compétition. « J’ai déjà de la chance si je finis ce Vendée Globe ».

Une navigatrice engagée

"Pour après, j’ai plein d’autres projets. Pourquoi pas un 2eme Vendée Globe en 2024 ou naviguer avec un plus gros bateau sur d’autres circuits". DR Xavier Giraud

Pour cette aventure, Alexia Barrier embarque avec TSE et l’association 4myplanet. Son tour du monde a aussi pour but de concilier course à la voile et engagement pour la planète. « J’ai équipé mon bateau de thermosalinographe qui me permet de recueillir des données pour les scientifiques qui étudient les Océans. Je vais également déployer des bouées dans ce but », explique-t-elle. Engagée jusqu’au bout pour «  protéger et sauvegarder son terrain de jeu », Alexia mène par ailleurs des missions pédagogiques durant lesquelles elle sensibilise les enfants à la protection de la nature et des Océans via son programme éducatif "4myplanet Kids ». « Nous faisons ça avec près de 200 écoles et collèges des Alpes-Maritimes. Je suis ravie de pouvoir profiter de cette aventure pour préserver notre planète et nos océans et pourquoi pas inspirer de nouvelles générations. C’est aussi cela qui me fait vibrer dans cette aventure ». Elle espère aussi faire passer un message d’espoir : « dans la vie tout est possible. Si on a un rêve ou un objectif il suffit de travailler et d’y croire et on peut y arriver ». Un mantra qui l’a beaucoup aidée à réaliser ses rêves : « Moi, j’y ai toujours cru très fort. Mes parents ne sont pas riches, je ne suis pas fille de marins, et je suis pas une femme originaire de la Méditerranée. Tout cela n’ouvre pas d’opportunités monstrueuses pour naviguer à un haut niveau en voile. Il faut se créer ses propres opportunités ». Un message d’optimisme lancé comme une bouteille à la mer, qu’elle espère faire résonner au-delà des Océans.

Photo de Une : A.Barrier Eté 2019 DR et courtesy Xavier Giraud

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