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Aviation d’affaires : "nous constatons un regain d’activité plus élevé que prévu"

Alors que les aéroports français peinent à reprendre une activité normale, l’aviation d’affaires semble se remettre du contrecoup sanitaire mieux que prévu. Malgré un trafic ralenti entre fin mars et début mai, le courtier en affrètement d’avion Air Charter Service est optimiste pour cette saison estivale. Entretien avec François-Xavier Camus, Directeur Général de la firme.

Comment la crise du Covid-19 a-t-elle impacté l’aviation d’affaires ?

C’est très simple, nous avons perdu près de 80% de notre activité entre fin mars et début mai. Cela s’est surtout traduit par de nombreuses demandes clients que nous avons dû décliner. Notamment des demandes de clients étrangers qui n’avaient pas les justificatifs nécessaires pour entrer sur le sol français durant le confinement. Avec la fermeture des frontières et les mesures sanitaires strictes, ce n’était plus possible d’affréter un jet et voyager comme voulu.

François-Xavier Camus, Directeur Général de Air Charter Service, est optimise pour l’avenir.

Vous dites avoir constaté une baisse de 80% de votre activité. Quels sont les 20% restants ?

Notre activité a véritablement marché au ralenti, mais nous avons eu de la chance. Nous avons pu effectuer des vols de rapatriement sur la demande du Ministère des Affaires étrangères. Nous avons affrété des avions de gros
volumes, de 300 à 400 sièges, pour rapatrier les Français
bloqués à l’étranger durant les premières semaines de confinement. Cela nous a permis d’avoir un minimum d’activité durant ces deux mois.

La fin du confinement a permis un relatif retour à la normale. Est-ce le cas pour l’aviation d’affaires ?

J’avais une certaine appréhension que les Zoom et Skype allaient
remplacer les déplacements d’affaires, mais ces premières semaines de reprise contredisent mes craintes. Nous avons imaginé une reprise beaucoup plus lente, mais depuis début juin nous constatons un regain
d’activité plus élevé que prévu. On sent un réel besoin qui n’est pas couvert par les vols réguliers. Les compagnies aériennes n’ont pas encore repris leur trafic habituel : il y a moins de fréquence de vol et certaines destinations ont été supprimées. De fait, beaucoup se tournent vers les vols privés.

Êtes-vous optimiste pour cet été ?

Dans notre secteur d’activité, il est très difficile de faire des estimations. La plupart des vols se réservent et s’effectuent dans un très court laps de temps. Cependant je pense que cette crise sanitaire va permettre l’émergence d’un nouveau type de clientèle. Des particuliers à fort pouvoir d’achat qui, au vu de la situation sanitaire, préféreront voyager sur des vols privés. Une manière de voyager plus "safe", en évitant les salles d’embarquement et appareils bondés. D’un autre côté, il y aura certainement moins de touristes étrangers, et de vols dits transversaux, mais la Côte d’Azur et le bassin méditerranéen restent des destinations très prisées. Pour l’instant, nous avons enregistré une vingtaine de vols au départ de Nice et Cannes pour les semaines à venir. Une belle tendance qui va très certainement s’intensifier en juillet puis en août.

Quelles mesures sanitaires ont été mises en place à bord ?

Dès les terminaux d’embarquement privés, les passagers doivent porter un masque. À bord, le personnel navigant est obligatoirement masqué et ganté, et tous les avions sont désinfectés et nettoyés après chaque passage, selon un protocole extrêmement réglementé.
En fonction des compagnies, les prestations à bord sont drastiquement réduites, voire inexistantes. Beaucoup font le choix de ne pas proposer de prestations, quelles qu’elles soient.

Point traffic : Aéroport de Nice

La crise sanitaire actuelle semble ne pas avoir de prise sur les départs en vacances. Un soulagement pour de nombreux touristes et azuréens désireux de voyager. Sur le tarmac de l’aéroport de Nice, le trafic aérien reprend lentement son activité, sommeillante depuis le mois de mars. Dès le mois de juin, les avions étireront leurs ailes et hélices, encore troublés d’une hibernation forcée, pour accueillir en leur bord de nouveaux voyageurs. Il est désormais possible de se rendre dans une dizaine de villes françaises - Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux, Bastia, Calvi, Ajaccio, Figari et Nantes- et de relier près d’autant de destinations européennes. Pour le moment, aucun vol à l’international n’est programmé. Et si ce premier mois post-déconfinement ne comptabilise que 15% du trafic aérien, l’activité aéroportuaire devrait lentement amorcer une recrudescence progressive en juillet puis en août, dans la plus grande sécurité sanitaire. Pour le plus grand plaisir des voyageurs.

Mesures sanitaires accrues en Avion

Des petits jets aux gros volumes, les mesures sanitaires à bord sont menées selon un protocole d’hygiène extrêmement réglementé.

Pour permettre aux passagers de voyager en toute sérénité d’esprit, les compagnies d’aviation civiles ont tout prévu. D’un côté ou de l’autre de la Manche, les plus grandes d’entre elles - bien que refusant de s’exprimer à la presse sur le sujet - se sont profondément impliquées à accroître les mesures d’hygiène à bord de leurs appareils comme au sol, pour le bien-être de leurs voyageurs. Ces protocoles sanitaires commencent dès l’embarquement, où stewarts et hôtesses ganté(e)s et masqué(e)s, protégé(e)s derrière une vitre en plexiglas, veillent au respect des distances physiques tout en vérifiant titres de transport et identités. A bord, rien n’est laissé au hasard. Le port du masque chez Air France comme EasyJet est obligatoire pour tous, du cockpit jusqu’en cabine. La distanciation sociale, reste difficilement applicable dans un Boeing, mais, dès que faire se peut, les membres d’équipages essayent de placés leurs passagers à des places séparées. Les appareils aseptisés sont désinfectés quotidiennement : tablettes, sièges, vitres et autres surfaces sont « pulvérisés d’un produit virucide homologué » toutes les 24h. La vente et la distribution de snacking, boissons et autres produits généralement proposés en vol, est temporairement suspendu. Dans l’habitacle, l’air est comme purifié en permanence.
Chaque avion est doté un système de filtration permettant de renouvelé l’air de la cabine toutes les 3 à 4 minutes. Un système habituellement utilisé dans les hôpitaux, pour le plus grand bien- être des membres d’équipage et passagers.

Air Charter Service. Avec le contrecoup sanitaire et le manque de vols réguliers, de plus en plus de personnes se tournent vers l’aviation privée.

Tous visuels de l’article : DR
Photo de Une : La firme mondiale peut affréter des Jets privés de 2 à 14 sièges et des gros volumes de près de 400 places.

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