Banque de France – L'écon

Banque de France – L’économie régionale entre tensions persistantes et signes de reprise

La Banque de France révèle une conjoncture contrastée en mai 2026 pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, entre ralentissement et perspectives d’amélioration.

L’économie en Provence-Alpes-Côte d’Azur a connu un mois de mai en demi-teinte, selon la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France. L’analyse, basée sur les réponses d’environ 8 500 chefs d’entreprise entre le 27 mai et le 3 juin, dresse un tableau marqué par un ralentissement notable dans l’industrie, une contraction dans les services marchands et un léger recul dans le bâtiment. Cette tendance pourrait en partie s’expliquer par un effet calendaire, les nombreux jours fériés de mai ayant favorisé les « ponts » et réduit le nombre de jours travaillés.

Une activité hétérogène selon les secteurs

Dans l’industrie, la production a continué de progresser, mais à un rythme très ralenti. Le secteur automobile a été particulièrement touché par des arrêts de production et une demande jugée insuffisante. L’agroalimentaire, la chimie et l’habillement ont également enregistré un recul, pénalisés par des coûts d’intrants élevés et une demande intérieure atone. À l’inverse, les secteurs liés à la défense, à l’aéronautique et à l’électronique restent très bien orientés, portés par une forte demande. Le taux d’utilisation des capacités de production est d’ailleurs resté stable à 77 %, suggérant un impact des jours chômés plus qu’une baisse d’intensité.
Dans les services marchands, le repli de l’activité a été net. Les transports et la logistique, directement affectés par les prix du pétrole, ainsi que le conseil aux entreprises et le travail temporaire, ont accusé une baisse. Cependant, l’hôtellerie-restauration a tiré son épingle du jeu, profitant des ponts du mois de mai pour maintenir une activité soutenue. Le secteur du bâtiment, quant à lui, continue de souffrir de la faiblesse persistante de la construction neuve, avec une légère baisse d’activité dans le gros œuvre comme dans le second œuvre.

Trésoreries et carnets de commandes sous pression

La situation financière des entreprises régionales présente d’importantes disparités. Si globalement la trésorerie est jugée proche de la normale dans l’industrie, des tensions marquées persistent dans l’automobile et la chimie. Dans les services, elle est perçue en dégradation, notamment dans les transports et le conseil.

Les carnets de commandes sont jugés dégradés dans la plupart des branches de l’industrie manufacturière, à l’exception notable de l’aéronautique qui bénéficie de carnets exceptionnellement garnis. Dans le bâtiment, les entrepreneurs continuent de signaler la faiblesse de leurs prises de commandes. Sur une note plus positive, l’indicateur d’incertitude, qui avait bondi avec le conflit au Moyen-Orient, poursuit son recul.

Des perspectives plus optimistes pour juin

Malgré un mois de mai difficile, les chefs d’entreprise anticipent une amélioration pour le mois de juin. Une reprise de l’activité est attendue dans l’industrie, y compris dans les secteurs qui étaient en difficulté, ainsi que dans la majorité des services marchands. Ce rebond attendu pourrait être en partie mécanique, rattrapant le creux d’activité de mai. Le bâtiment, pour sa part, devrait connaître une stabilisation.
Sur la base de ces résultats, la Banque de France estime que le PIB national resterait stable au deuxième trimestre 2026.

L’inflation des coûts pèse toujours sur les prix de vente

Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement restent limitées, avec 13 % des entreprises industrielles déclarant des difficultés en mai. Cependant, la hausse des prix des matières premières et de l’énergie continue de peser sur les coûts de production. En conséquence, 19 % des industriels ont augmenté leurs prix de vente en mai, une proportion près de deux fois supérieure à la moyenne historique, et 20 % envisagent de le faire en juin, signe que la transmission des hausses de coûts n’est pas terminée.
L’analyse complète est disponible dans la publication « Tendances Régionales Provence-Alpes-Côte d’Azur » de la Banque de France.
L’enquête nationale détaillée peut également être consultée sur le site de l’institution.

Photo de Une : ©PRESSE AGENCE