BioGNV : transporteurs, collectivités et industriels demandent le retrait d’une réforme
- Par Valérie Noriega --
- le 23 juillet 2026
Une trentaine d’acteurs du transport et de l’énergie demandent au gouvernement de renoncer à un projet de réforme qu’ils jugent susceptible de fragiliser la filière du biométhane carburant. Dans un communiqué commun publié le 20 juillet, ils estiment que cette évolution remettrait en cause près de 5 milliards d’euros d’investissements réalisés dans la décarbonation des transports.
Parmi les signataires figurent notamment France Mobilité Biogaz, FNTR, le Gart, Keolis, Transdev, La Poste, Molgas, Idex, TLF, OTRE, ainsi que plusieurs producteurs et distributeurs d’énergie.
Leur inquiétude porte sur un projet du gouvernement visant à relever de 0 à 90 % le taux de réversion à l’État des recettes issues des garanties d’origine valorisées dans la mobilité. Selon les organisations, cette mesure renchérirait le coût du bioGNV de 10 à 15 €/MWh, selon les contrats, en modifiant l’équilibre économique sur lequel repose le développement de cette énergie renouvelable.
Les signataires rappellent que le déploiement de la mobilité au biométhane s’est construit depuis plus de dix ans grâce à un cadre réglementaire stable. Ils soulignent que des dizaines de milliers de véhicules et plusieurs centaines de stations d’avitaillement ont été mis en service en France grâce à environ 5 milliards d’euros d’investissements. Une modification des règles, sans concertation et alors que ces investissements ont déjà été réalisés, serait, selon eux, de nature à fragiliser la confiance des acteurs économiques.
Les organisations mettent également en avant le calendrier de la réforme. Elles rappellent que le nouveau mécanisme d’Incitation à la réduction de l’intensité carbone des carburants (IRICC) doit entrer en vigueur au 1er janvier 2027. À leurs yeux, une hausse du coût du biométhane avant l’application de ce dispositif risquerait d’être répercutée sur les transporteurs, les exploitants de bus, les autocaristes, les entreprises de logistique et les collectivités. Elles estiment que certains utilisateurs pourraient alors revenir vers le gaz fossile.
Les signataires demandent donc au gouvernement de suspendre cette réforme, au moins jusqu’à l’entrée en vigueur de l’IRICC et des nouveaux contrats entre producteurs de biométhane et distributeurs de bioGNV. Ils considèrent que le biométhane constitue un levier de décarbonation des transports et un outil de souveraineté énergétique qu’il convient de préserver.
29 organisations, représentant l’ensemble de la chaîne de valeur du biométhane carburant : producteurs, énergéticiens, transporteurs, chargeurs, collectivités et autorités organisatrices de la mobilité.
Association des Agriculteurs Méthaniseurs de France (AAMF), Association desUtilisateurs de Transport de Fret (AUTF), BioGNV ; Carrefour, Endesa, FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies), FNTR (Fédération nationale des transports routiers), FNTV (Fédération nationale des transports de voyageurs), France Gaz, France Mobilité Biogaz (FMB), Gart (Groupement des autorités responsables de transport), Gaz et Territoires, Heppner, Idex
Île-de-France Mobilités, Keolis, La Poste, Molgas Energy Group
OTRE (Organisation des transporteurs routiers européens), Jacky Perrenot, Région Pays de la Loire, Sigeif Mobilités, Société Énergie Mayenne, STAF, Territoire d’énergie Mayenne, Transdev, TLF (Union des entreprises Transport et Logistique de France), UTPF (Union des Transports Publics et Ferroviaires), Vendée Énergie