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14 septembre 2017

C'est sûr, il ne faudrait
C'est sûr, il ne faudrait jamais rentrer...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Dans la chaleur de l’été, on a bien entendu ici et là quelques esprits fâcheux dire qu’à la rentrée on allait voir ce qu’on allait voir. Mais reconnaissons qu’en juillet et août nos préoccupations se sont davantage portées sur le choix du maillot de bain que sur les réformes promises par le futur président...
Pour le changement, on ne sait pas encore. Mais pour la rentrée sociale, c’est maintenant ! Sauf imprévu, la réforme du Droit du travail va donc être entérinée le 25 septembre avec le paraphe des ordonnances. On peut bien sûr compter sur Jean-Luc Mélenchon et ses Insoumis, sur la CGT, les Solidaires et autres FSU pour faire monter la température dans la rue. Il s’agit davantage d’un baroud d’honneur que d’une possibilité d’inflexion à la dernière minute des nouvelles dispositions arrêtées par Matignon. Car il n’y a pas d’unité syndicale : FO, la CFDT, la CGC et d’autres organisations ont choisi ce mardi de rester à la maison parce que, si la réforme ne provoque pas dans les rangs un enthousiasme débordant, elle leur paraît quand même acceptable, au moins dans ses grandes lignes.
Les défilés étant programmés en ordre dispersés, ils paraîtront bien moins impressionnants qu’une seule bonne grosse manif unitaire entre Bastille et République, entre la place Masséna et la Tête au carré via Rauba Capeù. Mais ils vont aussi - par voie de conséquence - se multiplier à l’appel des uns et des autres, et donc créer un climat particulier dans le pays.
Le gouvernement aurait donc grand tort de considérer que l’affaire est définitivement pliée. Nonobstant les ordonnances, le pays n’est pas à l’abri d’un accès de fièvre, et avec la réforme de leur régime spécial de retraite, travaillée dans la discrétion de l’été, les cheminots pourraient à leur tour donner de la voix et du fumigène. Or, quand les conducteurs de TER et de TGV protestent, les usagers sont bien obligés de se mettre "en marche", mais pas dans le sens espéré par le président. Et pourquoi pas ensuite les gaziers et les électriciens, les parents d’élèves et les profs, les fonctionnaires, les déçus du RSI et les contribuables essorés.
Il y a en germe un possible risque d’agrégation des mécontentements qu’il ne faut pas mésestimer.

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