Casinos : pourquoi la Côte d’Azur reste une terre de jeu
- Par Manon Laniel --
- le 13 août 2026
Entre concurrence numérique, nouvelles attentes des clients et nécessité d’investir, les établissements historiques du territoire font évoluer leur modèle pour rester attractifs.
Dans les Alpes-Maritimes, 12 casinos sont aujourd’hui en activité. Ils représentent 7 % de l’activité et de la fréquentation des casinos français et environ un millier d’emplois, selon Casinos de France, syndicat professionnel qui regroupe plus de 150 casinos et clubs de jeux dans l’Hexagone.
Cette concentration tient d’abord à la géographie et à l’histoire. La réglementation a permis l’implantation des casinos notamment dans les stations balnéaires, nombreuses sur le littoral azuréen. Certaines communes du département pourraient encore accueillir un établissement mais n’ont jamais franchi le pas, notamment en raison d’un environnement déjà fortement concurrentiel, explique Philippe Bon, délégué général de Casinos de France.
À cela s’ajoute la puissance touristique de la destination. Geoffrey D’Hier, directeur du Casino Terrazur situé au sein de Shopping Promenade Riviera à Cagnes-sur-Mer, évoque « des villes emblématiques comme Cannes, Nice et surtout Monaco ». La proximité de l’Italie compte également selon lui : « La culture du jeu est aussi dans l’ADN de nos voisins italiens. »
Un millier d’emplois dans le département
Le poids d’un casino dépasse les seules recettes générées par les jeux. Son exploitation s’inscrit dans une délégation de service public et comporte également des obligations de restauration et d’activités culturelles ou artistiques. Spectacles, festivals ou autres manifestations peuvent ainsi faire partie du cahier des charges conclu avec la commune.
« Il y a vraiment un binôme qui est créé entre la commune d’implantation et le casino », souligne Philippe Bon. Une relation économique qui peut être particulièrement importante dans les petites communes : selon lui, les recettes liées à un casino peuvent, dans certains cas en France, représenter jusqu’à 50 % du budget communal.
À Cagnes-sur-Mer, Terrazur revendique cette dimension qui dépasse le jeu. « Le Casino Terrazur a toujours été, et restera un lieu de vie », affirme Geoffrey D’Hier. Spectacles et événements complètent son activité et représentent aujourd’hui 15 % de celle-ci. Le directeur cite notamment le gala de MMA organisé le 11 juillet dernier.
L’investissement, clé de l’attractivité
Le secteur a toutefois dû retrouver son souffle après la crise sanitaire. Casinos de France estime avoir perdu environ la moitié de son activité pendant les deux saisons concernées. Ce n’est qu’au terme de la saison achevée le 31 octobre 2025 que le niveau d’avant-crise a été approximativement retrouvé.
Derrière cette reprise se cachent de fortes disparités. Dans les Alpes-Maritimes, l’évolution du produit brut des jeux lors de la dernière saison allait, selon Philippe Bon, de +6,5 % pour certains établissements à des baisses de l’ordre de 11 à 12 % pour d’autres.
Pour le représentant de la profession, l’investissement constitue l’une des clés : rénovation, renouvellement des équipements, voire changement de site. « Il y a une nécessité d’un investissement permanent », estime-t-il, constatant une remontée de la fréquentation après d’importantes modernisations.
À cette exigence s’ajoute la concurrence des pratiques numériques. Geoffrey D’Hier mise sur ce qu’un établissement physique peut offrir de différent : « Notre métier reste l’humain, le lien et la vie. » S’adapter aux attentes des clients, faire face aux difficultés économiques et aux jeux en ligne, poursuivre le suivi des joueurs dans le cadre du jeu responsable et rester en phase avec les tendances : autant de défis qu’il identifie pour les prochaines années.