Des banques actives (…)

Des banques actives face au recul de l’intérêt pour la transition écologique

Aussi bien le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur que la Caisse d’Épargne Côte d’Azur reconnaissent globalement un moindre engagement de la part de leurs clients sur les sujets de transition. Mais ces deux financeurs, également investisseurs très importants dans le territoire, restent entièrement mobilisés. Et c’est une très bonne nouvelle pour l’environnement alors que le réchauffement climatique n’a évidemment pas disparu, même si les particuliers et les entreprises ont des urgences plus urgentes à traiter, comme la hausse des prix de l’énergie pour ne citer que l’une d’entre elles.

« Il y a deux ans, c’était très porteur, avec des aides de l’État  », reconnaissait fin mars la directrice générale du Crédit Agricole PCA, Catherine Galvez, à l’occasion d’une conférence de présentation des résultats financiers de l’an passé.

Catherine Galvez ©SG

«  Aujourd’hui, le contexte est moins porteur  », ajoutait la directrice générale alors que l’État, contraint financièrement par l’explosion de sa dette, a freiné sur les aides.
Le Crédit Agricole PCA a «  beaucoup travaillé sur son empreinte propre. Nous avons réduit notre empreinte carbone de 6 % par an sur les dernières années et nous continuons d’être dans cette logique. Avec la filière transition, on ne veut pas uniquement s’occuper de nous. Nous voulons aussi aider nos clients à se transformer et aider la production énergétique du département à être plus décarbonée », expliquait Mme Galvez, convaincue que les clients ont un intérêt « structurellement, à transformer leur alimentation énergétique pour aller vers plus de vert et plus d’autonomie. Ce n’est pas qu’un sujet d’impact environnemental, c’est un sujet d’autonomie stratégique, assurait-elle. Cela a un coût de se convertir (aux véhicules électriques) mais le retour sur investissement à moyen terme est important. Il faut qu’on arrive à expliquer cela à nos clients. C’est un discours permanent. »

« Un rôle à jouer »

Claude Valade ©SG

Le président du directoire de la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, Claude Valade, ne dit pas autre chose, ni sur le constat ni sur le positionnement de sa banque.

«  On a l’impression, avec tout ce qui se passe aux Etats-Unis et un peu partout à droite et à gauche, que la transition est en train de passer un peu au deuxième plan. Nous considérons toujours que nous avons un rôle à jouer auprès de nos clients. Il faut continuer à les accompagner  », soulignait-il début avril lors de laprésentation des résultats 2025 de la CECAZ.

Cette dernière, qui est en train de rénover son siège à Nice pour en faire un bâtiment plus durable, continue de « former (ses) collaborateurs aux enjeux de l’ESG  » (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Les travaux de rénovation du siège de la CECAZ
à l’Arénas Nice ont débuté début novembre 2025 :
La transformation du siège de la banque coopérative
doit permettre une réduction de la consommation
énergétique de 40 % d’ici 2030 et de 50 % d’ici 2040. ©VN

« Sur la partie entreprises, 66 % de nos clients ont fait l’objet d’un dialogue stratégique ESG avec leur chargé d’affaires l’année dernière », précisait M. Valade. « Nous ne sommes pas là pour juger de ce qu’ils font ou de ce qu’ils ne font pas, nous sommes là pour les sensibiliser. Ce n’est pas une logique de punition mais une logique de pédagogie. Nous avons un rôle à jouer pour qu’ils continuent à avancer dans la bonne direction. »
Et ainsi aider le territoire à aller, lui aussi, dans la bonne direction et contribuer à la stratégie nationale bas carbone de la France (SNBC) qui est d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Photo de une : le nouveau centre d’affaires entreprises banque et assurance à Manosque du Crédit Agricole PCA livré en 2023. ©CAPCA

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