Emploi : L'industrie (...)

Emploi : L’industrie veut séduire les jeunes

Le tourisme n’est pas seul. Evoquer l’économie des Alpes-Maritimes, c’est aussi parler d’industrie. Un secteur qui pèse toute de même 25% du PIB azuréen. Et qui fait preuve d’une remarquable résilience depuis le début de la crise pandémique. Particulièrement diversifié, le tissu local est constitué de quelques grands groupes, mais surtout d’une très large majorité de TPE et PME, qui représentent 95% de la réalité industrielle du département.

En dépit de leurs différences, toutes ces entreprises partagent une problématique commune en matière de ressources humaines. Pour elles, point d’inquiétude relevant d’effectifs pléthoriques ou d’une crainte de détruire des emplois. Au contraire, les tracas de la filière industrielle sont essentiellement liés à ses difficultés à recruter. "Avant la Covid-19, la métallurgie française tablait sur des besoins de 125 000 personnes par an jusqu’en 2025. Et même 250 000 pour l’ensemble de l’industrie. 50 000 emplois n’ont pas pu être pourvus en 2019 faute de candidats", indique Serge Carrière, secrétaire général de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Côte d’Azur, participant et co-organisateur de la 13e Rencontre pour l’emploi industriel proposée, le 25 mars, avec la CCI Nice Côte d’Azur et l’Alliance des Techs et des industries Côte d’Azur (ATI-CA).

13ème #Rencontre pour l'#Emploi #Industriel qui permet aux #étudiants de découvrir ces #entreprises souvent méconnues et leurs nombreuses 👍opportunités #stage #alternance #emploi
Des sujets sur lesquels se positionne le #Dispositif_RUE présent aux côtés de ses partenaires 👥🤝 pic.twitter.com/yl7XaKHQfV

— Recherche et Avenir (@RechercheAvenir) March 25, 2021

Embauches garanties et formations assurées

En grande partie dématérialisé, l’événement a mis en relation entrepreneurs et étudiants, invités à une séance de jobdating en visio. Mais il a aussi réuni, lors d’une table ronde à l’IUT de Nice, des acteurs de la formation et des forces économiques bien décidés à montrer à la jeunesse que son futur passe peut-être par l’industrie azuréenne.
Qu’a-t-elle à lui offrir ? Un emploi et un avenir, thème de cette opération de séduction qui mérite un auditoire dès le collège, voire dans les foyers pour que les parents aient vite conscience des opportunités dont les préjugés éloignent souvent leur progéniture.
Les tensions qui caractérisent certains métiers constituent en effet des garanties d’embauche. "Les postes sont très variés", relève Véronique Vanel, chargée de mission "entreprises et partenariats économiques" à Pôle Emploi. "Ils vont du commercial à l’ingénieur système en analyse industrielle, en passant par le responsable qualité, le chaudronnier et, la grande tendance, le technicien de maintenance industrielle". En termes de rémunération, l’industrie a également des arguments à faire valoir : "Les salaires sont plus élevés que dans les autres secteurs et ils peuvent être conséquents pour des jeunes à bac + 2". Et Serge Carrière de préciser cette majoration : "En moyenne : 15 à 20%".
Comme le souligne Jean-Christophe Boisse, directeur de l’IUT, "des perspectives d’évolution de carrière" sont à prendre en compte au moment de l’orientation. D’autant que l’offre de formations est riche et sans cesse adaptée aux besoins locaux. A l’IUT de Nice, la voie du yachting sera ainsi accessible via l’apprentissage dès la prochaine rentrée, tandis que des bachelors universitaires de technologie (bac + 3) complèteront les diplômes préparés. "Pour se développer et évoluer avec la technologie, les entreprises ont besoin de jeunes qu’il faut former", confirme Laurent Lachkar, vice-président de la CCI en charge de la formation et de l’alternance, en rappelant que la chambre consulaire a bien cerné les enjeux en lançant son Campus Sud des métiers. Si le projet, en cours de construction dans le quartier de Nice Méridia, concrétisera "une montée en charge" en illustrant une vision innovante de l’alternance (du CAP à l’école d’ingénieur), la structuration des formations existantes permet déjà de répondre aux attentes des entreprises. Et Patrick Desprez, représentant le recteur de l’Académie de Nice, de citer les filières scolaires et universitaires pour les jeunes, mais aussi l’option de la formation continue pour les adultes. En la matière, il est possible de faire "du sur-mesure", ainsi que le note Gilles Genot, président du Greta Côte d’Azur.

Premier temps fort de la 13e Rencontre pour l’emploi industriel, une table ronde sur le thème "Un emploi, un avenir", animée par François-Xavier Ciais, directeur général des Petites Affiches.

Le défi de l’attractivité

"Les tensions ne proviennent pas des possibilités de formation en place, mais de l’absence de candidats", insiste Serge Carrière. D’où les efforts d’ATI-CA et de l’UIMM Côte d’Azur, sur le terrain, dans les médias et sur les réseaux sociaux, pour améliorer l’attractivité de l’industrie. Le défi est aujourd’hui de redorer son image. Et de changer celle de l’alternance, qui doit désormais être perçue comme une aubaine. "Elle débouche, au bout de deux ans, sur 90% d’emploi", martèle Laurent Lachkar.

Les 7 et 8 octobre, le salon Industria participera à cette œuvre collective de réhabilitation.

Avec l’objectif de convaincre le plus grand nombre. Collégiens et lycéens seront accueillis au Palais des expositions de Nice pour "une immersion dans le monde de l’entreprise", selon les termes de Michel Manago, président d’ATI-CA et co-instigateur de l’événement aux côtés de la CCI. "Les parents pourront voir les offres et constater que les terminologies "apprenti" et "technicien" ne sont plus celles du siècle dernier". Les filles aussi seront appelées à découvrir une filière qui leur tend les bras. D’autres secteurs sont déjà parvenus à les attirer, comme le souligne François-Xavier Ciais, directeur général des Petites Affiches et animateur de la table ronde, en citant l’exemple de la gastronomie. Elle récolte les fruits du succès rencontré par nombre d’émissions télévisées depuis plusieurs années. "Je rêve d’une telle vitrine médiatique pour l’industrie", scande Jean-Christophe Boisse.
Cet article est un premier pas...

Photo de Une : L’industrie embauche. Mais elle doit relever le défi de son attractivité auprès des jeunes et des filles. DR J.P

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