Épargne salariale : le Medef s’oppose à toute nouvelle cotisation
- Par Valérie Noriega --
- le 8 septembre 2026
Le Medef monte au créneau contre l’hypothèse de nouvelles cotisations sur l’épargne salariale, évoquée ces derniers jours dans la presse à l’approche du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. L’organisation patronale demande au gouvernement d’écarter cette piste, estimant qu’elle pénaliserait à la fois les salariés et les entreprises.
Le débat porte sur les dispositifs d’intéressement, de participation et d’abondement, qui permettent aux salariés de percevoir une partie des résultats ou de la performance de leur entreprise. Le Medef,, dans un communiqué le 7 septembre, estime que ces sommes constituent une composante de la rémunération et ne doivent pas être considérées comme une source supplémentaire de recettes pour les comptes sociaux.
L’organisation patronale estime qu’une hausse des prélèvements sur ces dispositifs aurait un effet mécanique sur le montant effectivement perçu par les salariés. À enveloppe versée inchangée, une nouvelle cotisation réduirait la somme disponible ou celle pouvant être épargnée.
Les entreprises seraient également concernées. Selon le Medef, une augmentation du coût des dispositifs de partage de la valeur pourrait limiter leur capacité à proposer ou à renforcer des mécanismes d’intéressement, de participation ou d’abondement. L’organisation patronale met ainsi en garde contre un effet dissuasif alors que ces dispositifs font l’objet d’un effort accru de la part des pouvoirs publics depuis plusieurs années.
« On ne peut pas appeler à mieux partager la valeur et, dans le même temps, rendre ces dispositifs moins avantageux », fait valoir le Medef. L’organisation insiste également sur la nécessité de préserver la stabilité des règles applicables aux accords conclus dans les entreprises.
Le Medef ne conteste pas la nécessité de rétablir les équilibres financiers de la Sécurité sociale, mais estime que l’effort doit principalement reposer sur des réformes structurelles et une meilleure efficacité de la dépense plutôt que sur une hausse des prélèvements pesant sur le travail et les entreprises.
L’organisation patronale demande donc au gouvernement de ne pas retenir les pistes concernant l’épargne salariale dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le texte doit encore préciser les mesures qui seront effectivement soumises au Parlement.