Fête de la fraise à (…)

Fête de la fraise à Carros : un succès populaire qui fait le plein de saveurs

Chaque année, la fraise attire les foules à Carros. Entre producteurs locaux, stands gourmands et ambiance familiale, la fête confirme son ancrage dans le territoire.

C’est sous un soleil printanier que la foule s’est pressée ce week-end dans les allées de la Fête des fraises à Carros. Dès le début d’après-midi, ce samedi 25 avril, les visiteurs affluent, panier à la main, à la recherche du fruit star du canton. Sur les étals, les barquettes se vident rapidement, preuve d’un engouement toujours intact pour cette production locale.

Une fête populaire et intergénérationnelle

Colorées et sucrées les fraises de Carros ! ©ML

Pour beaucoup, c’est une découverte. « C’est la première fois, pourtant j’habite à côté  », confie Evelyne, venue presque par hasard avec sa belle-sœur. Résultat : un kilo et demi de fraises dans le panier. « Elles sont nickel, bien sucrées. » Même constat pour Anne, également novice : « On m’en avait parlé, alors je suis venue. » Comme beaucoup de visiteurs, elle repart avec des fraises de Gattières, réputées dans le secteur. « On nous a dit que c’était les meilleures, alors on a suivi », sourit-elle. La fête attire aussi des habitués venus de plus loin. Gladys, venue de Moulinet dans le Mercantour avec ses enfants, ne manque pas le rendez-vous : « On trouve de bonnes fraises, et il y a aussi tout un marché d’artisans. » Pour les plus jeunes, difficile de résister : «  J’en ai mangé beaucoup », lance Dilla, 10 ans, tandis que Gabriel, 7 ans, classe la fraise « deuxième meilleur fruit du monde à ses yeux après le melon, et devant la pastèque ! ». Au-delà du fruit, l’événement séduit par son ambiance. « C’est agréable, il y a beaucoup d’animations, même pour les enfants », souligne Jean-François, déjà présent l’an dernier.
Parmi les exposants, une auto-entrepreneure traiteur à Vence, Drifa Falfali, propose des créations autour du fruit. Elle présente notamment « des fraises enrobées aux différents chocolats, des cookies à la fraise, des cookies pralines et roses et des cookies basiques, noisettes, chocolat au lait ». Drifa explique avoir adapté son offre pour l’événement.

Drifa Falfali ©ML

Une production locale toujours très demandée

Lucie Clerici, agricultrice à Gattières, avec ses enfants ©ML

Derrière le succès de la fête, il y a surtout le travail des producteurs. Lucie Clerici, agricultrice à Gattières, sur la Baronne, perpétue une tradition familiale. « La fraise, c’est un produit très périssable : on ramasse et on vend dans la foulée. Ce que vous achetez a été cueilli il y a deux heures. » Si la fête est un temps fort, elle ne résume pas la saison. « On produit de mars à juillet. La fête, c’est important, mais ce n’est qu’un moment parmi d’autres. » La demande, elle, ne faiblit pas : « Les gens sont toujours autant demandeurs… et toujours aussi frustrés quand il n’y en a plus », sourit-elle. Dans le canton, les producteurs se font plus rares, mais restent mobilisés pour valoriser une production locale. « On parle de fraise de Carros, mais c’est toute la zone autour : Gattières, Le Broc, La Gaude… »
Une filière qui cherche aujourd’hui à se structurer pour mieux protéger et valoriser son identité. Surtout, dans un contexte compliqué pour l’agriculture : concurrence étrangère mais aussi augmentation des prix à cause notamment de la guerre au Moyen-Orient.

Un événement vitrine pour le territoire

Stéphane Revello ©ML

Pour le maire de Carros, Stéphane Revello, cette fête revêt une dimension particulière. « C’est ma première en tant que maire organisateur, mais personnellement c’est ma quarantième », souligne-t-il avec attachement.
Un symbole fort pour la commune : « C’est une fierté de faire rayonner Carros.  » Et le succès semble au rendez-vous : «  Dès le matin, il y avait énormément de monde.  » Célébrée depuis le milieu des années 70 sur la place des Plans, à l’origine, les producteurs profitaient de cette "fête de Pâques" pour offrir leurs fraises gratuitement afin de faire connaître le produit. Le succès a été tel que la célébration a fini par changer de nom. Désormais, ce sont les producteurs eux-mêmes qui fixent la date en fonction de la maturité du fruit pour garantir la qualité.

Photo de Une ©DR