Immobilier : la FNAIM constate un ralentissement du marché et appelle à des mesures de soutien
- Par Valérie Noriega --
- le 17 juin 2026
La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) a dressé, ce mercredi 17 juin, un état des lieux du marché immobilier français lors d’une conférence de presse estivale consacrée à la conjoncture du secteur et aux politiques publiques du logement.
Une reprise interrompue en 2026
Après un redressement observé en 2025, avec 952 000 transactions dans l’ancien (+13 % sur un an), le marché immobilier connaît un nouveau ralentissement depuis le début de l’année 2026. Selon la FNAIM, le nombre de ventes sur douze mois glissants s’établissait à 941 000 fin avril, contre un pic de 958 000 enregistré fin février. La fédération attribue ce retournement à la dégradation du contexte international, notamment aux tensions au Moyen-Orient, qui ont entraîné une hausse des prix de l’énergie et ravivé les inquiétudes inflationnistes. La hausse récente des taux directeurs de la Banque centrale européenne contribue également à renchérir le coût du crédit. Dans ce contexte, la FNAIM estime qu’en cas de poursuite des tensions géopolitiques, le volume annuel des transactions pourrait repasser sous le seuil des 900 000 ventes.
Des prix globalement stables mais des disparités territoriales
Au 1er juin 2026, le prix moyen des logements anciens atteint 2 994 euros par mètre carré, soit une quasi-stabilité sur un an (-0,1 %). Les appartements enregistrent une hausse de 1,8 %, tandis que les maisons affichent un recul de 1,6 %. Les évolutions restent contrastées selon les territoires. Mulhouse (+11,4 %), Rouen (+6,8 %) et Clermont-Ferrand (+4 %) figurent parmi les villes les plus dynamiques. À l’inverse, Rennes (-7,3 %), Grenoble (-4,3 %) et La Rochelle (-3,9 %) enregistrent les baisses les plus marquées. À Paris, les prix reculent de 0,4 % sur un an et de 11 % sur cinq ans.
Un accès à la propriété plus difficile pour les ménages modestes
La fédération souligne également les difficultés croissantes d’accès au crédit pour les ménages modestes et une partie des classes moyennes. Les taux de crédit immobilier sont passés de 3,05 % en juin 2025 à 3,25 % en mai 2026. Selon la FNAIM, cette évolution renforce les inégalités d’accès à la propriété. Les acquéreurs disposant d’un apport important restent les plus à même de concrétiser leurs projets, tandis que les primo-accédants représentent désormais 45 % des emprunteurs.
La FNAIM salue plusieurs évolutions de la politique du logement
Sur le plan des politiques publiques, la fédération estime que le logement bénéficie d’une attention renouvelée des pouvoirs publics. Elle cite notamment plusieurs mesures qu’elle juge favorables au secteur : l’assouplissement du permis de louer pour les professionnels, la reconnaissance du statut de bailleur privé, le dispositif Jeanbrun destiné à soutenir l’investissement locatif et le projet de Vente en l’état futur de rénovation énergétique (VEFRe). La FNAIM indique également attendre la publication prochaine du décret relatif à la formation initiale des collaborateurs du secteur, prévu par la loi ALUR.
Une remise en cause de l’encadrement des loyers
La fédération a réaffirmé son opposition au dispositif d’encadrement des loyers, expérimenté depuis huit ans dans plusieurs territoires. Selon elle, cette régulation contribue à réduire l’offre locative dans les zones tendues. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la FNAIM appelle à faire du logement un sujet central du débat public : elle défend notamment la suppression de l’encadrement des loyers, la portabilité des prêts immobiliers et la création de nouveaux dispositifs d’incitation à l’investissement locatif. La fédération prévoit de publier un livre blanc à la rentrée et d’inviter les candidats à la présidence de la République à débattre de leurs propositions lors de son congrès de décembre.