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La CPME Sud alerte sur un risque de décrochage des TPE-PME face au choc des coûts

La CPME Sud tire la sonnette d’alarme sur la situation des TPE-PME françaises, dans un communiqué du 22 mai. L’organisation patronale estime que les entreprises ne sont plus en mesure d’absorber seules le choc des coûts, dans un contexte de ralentissement économique marqué.

Selon une enquête réalisée par la CPME Sud auprès de 2 350 dirigeants entre le 28 avril et le 12 mai 2026, 45 % des chefs d’entreprise constatent une dégradation de la situation globale de leur activité au premier semestre. Les perspectives pour les prochains mois demeurent fortement dégradées, sur fond de marges réduites, de trésoreries fragilisées et d’incertitudes persistantes.
La trésorerie apparaît comme le principal facteur de tension. Près de quatre dirigeants sur dix (38 %) jugent leur situation financière tendue ou critique, dont 11 % estiment que la survie de leur entreprise est menacée à court terme. Dans le même temps, les conditions d’accès au crédit bancaire se durcissent pour les structures les plus exposées.
La crise au Moyen-Orient accentue ces fragilités. Selon l’enquête, 78 % des entreprises déclarent subir un impact direct lié à la hausse des coûts des carburants, de l’énergie et des matières premières. Une large part des TPE-PME indique ne pas pouvoir répercuter ces surcoûts sur les prix de vente sans risquer de perdre des clients ou des parts de marché.

Des effets sur l’emploi

Cette dégradation économique commence déjà à produire des effets sur l’emploi. Près d’un dirigeant sur cinq affirme avoir réduit ses effectifs au cours du premier semestre 2026. La CPME Sud estime que la combinaison entre baisse d’activité, hausse des charges et tensions de trésorerie pourrait rapidement se traduire par une accélération des suppressions d’emplois et un recul de l’investissement.
Cette alerte intervient alors que l’Insee a publié un taux de chômage au sens du BIT de 8,1 % au premier trimestre 2026, en hausse de 0,2 point sur le trimestre et de 0,7 point sur un an. Pour l’organisation patronale, le passage au-dessus du seuil des 8 % confirme une dégradation désormais visible dans l’économie réelle.
Dans ce contexte, la CPME Sud appelle le gouvernement à éviter toute mesure susceptible d’alourdir le coût du travail, alors qu’une revalorisation automatique du SMIC de 2,4 % doit entrer en vigueur au 1er juin. « Cette remontée du chômage n’est malheureusement pas une surprise : c’est la traduction directe des conséquences d’une crise que nous signalons depuis des mois et qui gagne désormais l’ensemble de l’économie française », insiste Alain Gargani, président de la CPME Sud. « Sur le terrain, les entreprises sont entrées dans une logique de résistance, dans un climat extrêmement anxiogène, avec des coûts qui explosent et des trésoreries sous tension. L’État doit agir vite pour desserrer la pression et redonner de l’oxygène à nos TPE-PME. »
L’organisation patronale demande notamment la mise en place de mesures « rapides, ciblées et immédiatement mobilisables  », parmi lesquelles le report ou l’étalement des charges fiscales et sociales pour les entreprises les plus fragilisées, ainsi que le maintien des dispositifs de soutien à l’investissement.

Photo de Une ©DR