Le Maire : « il faudra

Le Maire : « il faudra des années avant de s’en sortir »

Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a été entendu par la commission des finances de l’Assemblée nationale sur le 2ème projet de loi de finances rectificative qui intègre les nouvelles mesures prises pour soutenir l’activité et pour permettre une reprise économique.

Il n’a pas caché que l’heure est grave et que «  nous en avons pour des années avant de sortir de cette crise  ».
 Son constat n’est pas celui «  d’une économie en surchauffe mais au contraire la crise d’une économie à l’arrêt dont la date de redémarrage et les modalités sont incertaines. Ce qui me permet de dire que cette crise n’est pas une affaire de semaines, elle n’est pas une affaire de mois mais une affaire d’années. Je pense qu’il faut mesurer que nous en avons pour des années avant de sortir des conséquences économiques de cette crise » a t-il prévenu.

Si pour Bercy l’industrie tourne actuellement à 60%, il faudra « une stratégie de déconfinement adaptée pour retrouver un rythme plus normal. Je dis bien « plus normal », mais pas « normal » parce qu’il est évident que les choses seront différentes après ».

Pour Bruno Le Maire, il faudra réfléchir à une reprise de plus long terme et à une stratégie de relance.
Il a listé les quatre priorités à mettre en œuvre  : d’abord l’investissement des entreprises « qui garantit la qualité de nos produits et la qualité des technologies ».
Ensuite le soutien de la demande « car soyons clairs, il est évident que l’épargne de précaution qui est en train d’être construite aujourd’hui ne va pas se débloquer du jour au lendemain  ».
Puis le soutien spécifique à certains secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, l’automobile, l’aéronautique et le transport aérien. « Tous ces secteurs sont parfois à 80-90, 100 % d’arrêt ».
Enfin, la coopération européenne qui demeure pour l’instant une espérance plutôt qu’une réalité.
Le ministre des Finances a également évoqué « un risque pour nos démocraties. Je ne vois pas pourquoi les grands mouvements sociaux d’avant la crise en France et dans le reste du monde ne reprendraient pas après. Ces mouvements sociaux sont gelés pour le moment, mais les causes de ces mouvements sociaux restent les mêmes. Ils peuvent donc reprendre demain avec plus de violence et ajouter de la crise politique à la crise économique ».

Livret A et LDD : poires pour la soif

Quant les ménages français ne sont pas confiants en l’avenir, ils pratiquent des économies de précaution. Le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire sont leurs supports privilégiés. Pas étonnant que depuis le début du confinement les encours aient augmenté de + 50 % entre mars 2019 et mars 2020. « En février, le montant total des dépôts sur le Livret A et le LDD était de 1,5 milliard d’euros, ils sont passés en mars à 3,8 milliards » a annoncé Bruno Le Maire. «  Or, ce n’est pas d’épargne dont nous avons besoin aujourd’hui pour notre économie, c’est d’investissement » a t-il prévenu.

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