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Les Entrepreneurs Sud alertent sur une économie régionale sous tension

L’économie de la région Sud résiste, mais reste sous pression. C’est le constat dressé mardi 8 septembre à Marseille par Les Entrepreneurs Sud, lors de leur conférence de presse de rentrée. Alain Gargani, président de l’organisation, et Daniel Salenc, futur président des Entrepreneurs Bouches-du-Rhône, ont insisté sur une activité encore fragile, des trésoreries sous tension et un investissement qui peine à repartir.

Selon les données présentées par l’organisation, l’activité régionale progresse encore modérément dans l’industrie et résiste dans le bâtiment. Les services marchands ont en revanche fortement reculé en juillet, notamment dans l’hébergement-restauration. L’immobilier reste également dégradé, avec un volume d’heures rémunérées en baisse de 2 % sur un an.
Les TPE-PME demeurent particulièrement prudentes. Si la région Sud figure parmi les trois régions ayant enregistré une amélioration de la situation des entreprises en 2025 par rapport à 2024. L’indicateur d’activité a gagné entre deux et cinq points sur un an, tout en restant négatif. La situation de trésorerie s’est parallèlement détériorée de six points. Pour 2026, seuls 35 % des dirigeants interrogés envisagent d’investir, soit le niveau le plus faible parmi les régions analysées.

«  Le message n’est pas celui d’un décrochage général, mais la croissance est faible, inégale et incertaine  », souligne Alain Gargani. Selon lui, les dirigeants ont avant tout besoin de « visibilité, de stabilité et de règles du jeu adaptées à la réalité des petites entreprises ».

À ces difficultés conjoncturelles s’ajoutent les conséquences des événements climatiques de l’été. Dans le Var, le mégafeu de juillet a touché environ 100 exploitations agricoles et une trentaine d’entreprises agroalimentaires. Près de 1 600 hectares de terres agricoles ont été brûlés et 7 000 hectares indirectement affectés. Dans les secteurs touristiques concernés, certains professionnels ont fait état de baisses de chiffre d’affaires pouvant atteindre 30 %.

La facturation électronique au cœur des préoccupations

Autre sujet majeur de cette rentrée : la généralisation de la facturation électronique. Près de deux entreprises sur trois auraient désormais choisi leur plateforme agréée, selon Les Entrepreneurs Sud. L’organisation soutient les objectifs de la réforme - simplification administrative, réduction des erreurs et lutte contre la fraude à la TVA - mais appelle à une mise en œuvre progressive auprès des petites entreprises. Artisans, commerçants, indépendants et TPE doivent notamment absorber les coûts liés aux équipements, aux logiciels et à la formation. Les Entrepreneurs Sud plaident ainsi pour une information plus lisible, une transparence sur les coûts et des solutions adaptées aux petites structures. Ils demandent également des garanties en matière de cybersécurité et de continuité de service, tout en défendant un principe de tolérance pour les entreprises confrontées à des difficultés techniques lors du démarrage. « La réforme ne sera réussie que si elle permet aux entreprises de gagner du temps, et non d’en perdre  », estime Alain Gargani. L’organisation prévoit de poursuivre son accompagnement à travers des guides pratiques, des webinaires et des événements thématiques, notamment en amont de la prochaine échéance de septembre 2027.

Le projet de ligne THT au centre des enjeux industriels

Les Entrepreneurs Sud ont également placé le projet de ligne très haute tension entre Feuillane, à Fos-sur-Mer, et Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard, au cœur de leur rentrée économique. Pour l’organisation, cette infrastructure de 400 kV est nécessaire pour répondre aux besoins électriques liés aux projets industriels et à la décarbonation de l’économie régionale. Plus de 6 GW de demandes de raccordement auraient été exprimées pour les dix prochaines années, notamment pour la réindustrialisation, la décarbonation de l’industrie, l’hydrogène, les data centers et supercalculateurs, la mobilité électrique ainsi que les équipements urbains et hospitaliers. Le renforcement du réseau existant ne permettrait, selon les chiffres avancés par Les Entrepreneurs Sud, d’augmenter les capacités que d’environ 1 200 MW. La nouvelle ligne doit donc, selon l’organisation, permettre de sécuriser l’approvisionnement électrique et de rendre possibles plusieurs projets industriels. Ceux-ci pourraient représenter près de 10 000 emplois directs, auxquels s’ajouteraient environ 13 000 emplois indirects et induits. L’organisation reconnaît toutefois la sensibilité du projet dans les territoires concernés. La préservation de la Camargue et de la Crau, ainsi que les enjeux agricoles, environnementaux et de cadre de vie, devront selon elle être intégrés aux arbitrages. « Personne ne conteste la nécessité de préparer la région aux besoins électriques de demain. Le débat porte sur la manière de le faire », estime Daniel Salenc. Les Entrepreneurs Sud appellent ainsi l’État, les collectivités, RTE, les élus, les acteurs économiques, le monde agricole, les habitants et les associations à rechercher une solution commune, notamment sur l’équilibre entre les options aériennes et souterraines. Pour Alain Gargani, l’enjeu dépasse les seuls territoires traversés par la future infrastructure : «  Ce projet concerne l’avenir industriel, énergétique et économique de toute la région Sud. »

Les Entrepreneurs Sud entendent poursuivre leur action sur l’adaptation des entreprises au changement climatique, avec le dispositif Cap Climat, mené avec l’ADEME et Engie. L’organisation prépare également la finale régionale des Entrepreneurs Positifs, prévue le 19 novembre dans le Vaucluse.

Photo de une ©Les Entrepreneurs Sud sur LinkedIn