Les organisations patronales de Paca s’opposent au gel des exonérations de cotisations
- Par Valérie Noriega --
- le 17 juin 2026
Réunies mardi 16 juin à Aix-en-Provence, 35 organisations patronales et fédérations professionnelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont affiché un front commun contre le gel du barème des exonérations de cotisations patronales annoncé par le gouvernement. La rencontre, organisée à la Maison des Entreprises à l’initiative d’un collectif représentant plus d’un million de salariés, a rassemblé les principales composantes du tissu économique régional, du Medef à la CPME en passant par l’U2P et plusieurs fédérations sectorielles.
Les représentants patronaux estiment que cette mesure, qui intervient alors que le Smic a été revalorisé de 2,4 %, entraînera une hausse du coût du travail pour les employeurs. Selon les organisations réunies, le maintien du barème actuel des allégements de charges ferait peser plus de 2,2 milliards d’euros de coûts supplémentaires sur les entreprises. Elles jugent cette décision particulièrement pénalisante pour les petites structures et pour l’emploi de proximité.
« Ce n’est pas une organisation qui parle : c’est un territoire entier qui se lève pour dire non », a déclaré Corinne Innesti, trésorière de la CPME Sud et présidente de la CPME des Bouches-du-Rhône. Elle considère que cette orientation constitue « une erreur économique » susceptible de réduire les capacités d’investissement des entreprises.
Un collectif inédit
La discussion a été ouverte par Stéphane Benhamou, président du Medef Sud, qui a rappelé les raisons ayant conduit à la constitution de ce collectif interprofessionnel. À ses côtés, Corinne Innesti pour la CPME et Philippe Rico, vice-président de l’U2P Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de la CAPEB PACA Corse, ont dénoncé une décision prise sans concertation préalable avec les représentants des entreprises. Au-delà de la contestation de principe, les organisations ont souhaité illustrer les conséquences concrètes de cette mesure sur les territoires et les secteurs d’activité. Plusieurs responsables professionnels se sont succédé à la tribune, parmi lesquels Isabelle Lonchampt, présidente de la Fédération régionale du bâtiment, Jean-Christophe Amarantinis, président de l’UPE 13, Geneviève Melkonian, co-présidente du Club ETI Sud, Lydia Marmod pour l’UMIH et l’UDE 04, Gérard Molines pour Mobilians Sud et Pierre-Louis Rougny, vice-président de la FEP Sud-Est.
MEDEF Sud, CPME Sud, U2P Provence-Alpes-Côte d’Azur, FRSEA, ARIA Sud
CAPEB PACA Corse, Club ETI Sud, Femmes Chefs d’Entreprise, France Chimie Méditerranée, FEP Sud Est, FHP Sud-Est, FNAIM Région Sud, FNTR Sud, FNTV Sud, Fédération régionale des assurances, Fédération Régionale du Bâtiment Provence-Alpes-Côte d’Azur, Fédération Régionale des Travaux Publics Provence-Alpes-Côte d’Azur, GHR Région Sud, MEDEF Vaucluse, Mobilians Sud & Corse, Numeum, Polyvia Sud, Présance Paca Corse, Prism’Emploi Paca Corse, SYNTEC, UCC Grand Sud, UDE 04, UIMM Alpes-Méditerranée, UIMM Région Sud, UMF Marseille-Fos, UMIH Provence-Alpes-Côte d’Azur, UNICEM Sud PACA Corse, UPE 05, UPE 06, UPE 13, UPV
Un contexte économique jugé préoccupant
Les organisations patronales soulignent que cette décision intervient dans un environnement déjà fragilisé par la progression des défaillances d’entreprises, le ralentissement des commandes et les tensions sur les trésoreries. Elles évoquent également un contexte marqué par la montée du chômage et les incertitudes géopolitiques pesant sur l’activité. Selon elles, l’alourdissement du coût du travail risque d’avoir des effets contraires aux objectifs affichés en matière d’emploi et de pouvoir d’achat. Les représentants des entreprises estiment qu’une hausse des charges patronales pourrait freiner les recrutements, limiter les augmentations salariales et réduire les investissements en matière de formation et d’innovation.
Les entreprises ne peuvent plus être la variable d’ajustement budgétaire des finances publiques ont insisté plusieurs intervenants, appelant l’exécutif à privilégier les réformes structurelles plutôt qu’une augmentation de la pression pesant sur les employeurs.
Trois demandes adressées au gouvernement
À l’issue de cette mobilisation, les organisations patronales de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont formulé trois demandes : revenir sur le gel du barème des exonérations patronales, instaurer une concertation systématique avec les représentants économiques avant toute mesure affectant le coût du travail et définir une stratégie nationale en faveur de la compétitivité des entreprises françaises.