Les transporteurs routiers varois dénoncent un « véritable mépris »
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 22 septembre 2026
L’Organisation des Transporteurs Routiers Européens dénonce l’exclusion des transporteurs de la prolongation des aides aux « grands rouleurs », une décision jugée injuste et intolérable.
La colère gronde dans le secteur du transport routier. L’annonce par le Gouvernement de la prolongation, jusqu’à la fin de l’année 2026, des aides ciblées aux « grands rouleurs » a provoqué l’indignation de l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE). En cause : une exclusion des entreprises de transport routier de ce dispositif de soutien, sans justification jugée objective. La profession dénonce une différence de traitement devenue « intolérable » qui fragilise un secteur essentiel à l’économie du pays.
Une exclusion vécue comme une injustice
Pour l’OTRE, cette décision est à la fois incompréhensible et inacceptable. L’organisation souligne que le transport routier est, par sa nature même, l’un des secteurs les plus vulnérables à la flambée des prix des carburants. Écarter ses entreprises des mesures de soutien est perçu comme un signal négatif et un manque de reconnaissance.
« Face à ce qui est vécu comme un véritable mépris pour des entreprises indispensables à l’économie et à la vie quotidienne du pays, l’exaspération atteint aujourd’hui un niveau particulièrement préoccupant », alerte l’organisation dans un communiqué.
Selon Jean-Marc Montagnac, Secrétaire Général de l’OTRE pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la colère des transporteurs sur le terrain ne cesse de croître, menaçant la stabilité économique de nombreuses structures. L’OTRE met en avant une contradiction majeure : reconnaître la nécessité d’aider les « grands rouleurs » tout en ignorant les entreprises dont le véhicule constitue l’unique outil de travail. Ce choix politique pénalise les très petites, petites et moyennes entreprises du secteur, ainsi que leurs salariés, qui subissent de plein fouet l’envolée des coûts d’exploitation. L’organisation rappelle que ces entreprises assurent des missions vitales au quotidien : l’approvisionnement des territoires, la mobilité des personnes ou encore le bon fonctionnement des entreprises, des services publics et des établissements de santé. Ignorer leur réalité économique revient à mettre en péril des pans entiers de la chaîne logistique nationale.
Les revendications claires de la profession
Face à cette situation, l’OTRE a formulé plusieurs demandes solennelles au Gouvernement. L’organisation exige d’abord la réintégration immédiate des entreprises de transport routier dans le dispositif d’aide prolongé jusqu’à fin 2026. Elle réclame également le versement intégral et sans délai des aides encore dues au titre des précédentes vagues de soutien.
Par ailleurs, les transporteurs demandent le respect des engagements pris pour les mois de juin, juillet et août, sur la même base que l’aide de mai, et s’opposent à tout durcissement des conditions d’éligibilité. Enfin, l’OTRE insiste sur la nécessité d’accélérer les travaux sur la simplification et l’effectivité du mécanisme d’indexation des prix du carburant dans les contrats de transport.