Only Fragrances cultive

Only Fragrances cultive l’indépendance

Alors que l’industrie de la parfumerie du pays grassois attire les leaders mondiaux du secteur, la société basée à Mouans-Sartoux a choisi de miser sur l’indépendance.

Depuis quelques années, on assiste à un boom des investissements : la société
allemande Symrise a racheté trois sociétés grassoises coup sur coup : Créations et Parfums, Floressence et SFA ROMANI. La société Parfex a été reprise par le groupe britannique Croda, leader mondial de la parfumerie, et le suisse Givaudan s’apprête à investir 55 millions de francs suisses dans un centre d’excellence pour les ingrédients naturels « Campus 52 ».

Dans ce contexte, Only Fragrances entend bien rester une entreprise au modèle familial s’inscrivant dans une tradition de savoir-faire français et dotée d’une technologie de pointe. La maison de création et de fabrication de compositions parfumées fondée en 2003 développe une stratégie qui unit étroitement les compétences des différents associés : le commercial Frédéric-Jean Gas et le parfumeur Rémi Barbier. Le chef parfumeur d’Only Fragrances a été formé par l’un des plus grands, le Grassois Jean-Claude Ellena, nez d’Hermès pendant 14 ans. «  Il a notamment créé Terre d’Hermès. Il m’a appris les rudiments de la formulation, les accords classiques utilisés en parfumerie », se souvient l’Héraultais, diplômé de l’ISIPCA, école fondée par Jean-Jacques Guerlain.

« Un vrai échange »

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Le commercial et le parfumeur travaillent donc de concert : «  Only Fragrances a été l’une des premières sociétés à utiliser les compétences complémentaires techniques et commerciales pour visiter les clients, chose qui s’est généralisée depuis. Cela offre la possibilité d’avoir un vrai échange entre le client et le parfumeur, surtout avec le Moyen-Orient dont les clients ont une solide connaissance des parfums. »
Le Moyen-Orient, Rémi Barbier y va depuis 25 ans. «  Avec Frédéric-Jean nous revenons d’un déplacement de 10 jours durant lequel nous avons rencontré 40 clients. Chaque rendez-vous est différent et chaque client a des besoins
spécifiques. Certains sont plutôt dans les eaux de toilettes, le mass-market, d’autres dans l’exclusif, la niche, d’autres dans les bakhoors (sortes d’encens). 
 »
Un marché exigeant qui représente 50 % du chiffre d’affaires d’Only Fragrances. Rémi Barbier s’y rend en moyenne six fois par an. Il voyage également en Asie, dans les pays du pourtour méditerranéen et en Afrique. Ainsi se dessine une carte des tendances olfactives. « Au Moyen-Orient, existe une vraie tradition des notes boisées et épicées. Cependant, nous constatons là-bas un nouveau penchant, et qui se mondialise, pour les notes gourmandes et gustatives comme le chocolat ou le café. Les clients du Moyen-Orient apprécient la performance : le parfum doit avoir une note de tête puissante et des notes de fond très persistantes.
Nous remarquons que les clients nous font retravailler plusieurs fois les parfums afin d’accroitre la rémanence pour que l’odeur tienne au moins 12 heures au lieu de six heures comme par le passé. En Asie, les goûts et les applications du parfum sont totalement différents. Les parfumeurs travaillent sur des applications plus fonctionnelles : les gels douche, crèmes, huiles de massage avec des notes axées sur les matières premières naturelles qui apportent certains bienfaits
. »

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Dosage de haute précision

Le parfumeur crée également en étroite collaboration avec le service évaluation, dont le rôle est de connaître les tendances des marchés. Ensemble, ils tiennent des séances d’olfaction régulière et déterminent la bonne adéquation entre les soumissions et les marchés. Chaque soumission doit être conforme aux règlements internationaux et aux cahiers des charges des clients.
L’entreprise familiale de 70 salariés rayonne à l’international : elle est présente dans 28 pays, travaille 1 200 matières premières et propose plus de 60 000 références. Cette compétitivité passe par la modernisation de l’outil de production. Dans sa quête d’excellence, une nouvelle usine a été inaugurée en 2018.
En 2024 avec la collaboration de la région Sud, elle entame une nouvelle phase de modernisation. Elle est équipée de robots permettant un dosage de haute précision de tous les composants, de manière simultanée et qui peuvent ensuite être assemblés dans le mélange final. Une technologie qui permet de gagner du temps et de limiter les marges d’erreur. 1 200 tonnes de compositions sont sorties cette année de l’usine de Mouans-Sartoux.

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Photo de Une Rémi Barbier ©ME