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Philippe Tabarot : « Chaque ligne de chemin de fer compte et il important de les entretenir et les préserver »


Quelques semaines après la tempête Alex, les travaux continuent dans les vallées de l’arrière-pays niçois. Le 19 octobre dernier s’achevait la troisième étape de la réhabilitation ferroviaire avec la réouverture de la ligne Nice/Saint-Dalmas-de-Tende. Cette petite ligne est en danger par manque d’entretien depuis des années. La Région et les habitants des communes desservies par cette ligne se battent contre sa fermeture. Un travail de longue haleine que nous détaille Philippe Tabarot, Sénateur des A-M, Vice-Président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, en charge des transports.

Quels travaux ont été accomplis pour remettre le réseau ferroviaire en marche depuis la tempête ?

Philippe Tabarot : La première étape, au lendemain des intempéries, a été de remettre en fonction le tronçon Nice-Breil qui fort heureusement n’a pas été endommagé par la tempête. Cela a d’ailleurs permis d’acheminer les denrées et marchandises d’urgence. Ensuite le 8 octobre, nous avons pu remettre en marche une deuxième partie de la ligne : celle entre Breil et Fontan-Saorge. Cela a notamment permis un premier désenclavement des habitants de Fontan et de Saorge. La troisième étape, qui n’est pas la dernière, a eu lieu lundi. Il s’agissait de rouvrir la portion entre Fontan et Saint-Dalmas-de-Tende. Exactement 2 km avant Saint-Dalmas-de-Tende où nous avons fait un quai provisoire.

Que reste-t-il à faire pour rétablir entièrement la ligne ?

Philippe Tabarot : On a rencontré un problème majeur au niveau du tunnel pour arriver à Saint-Dalmas-de-Tende. Il y a d’importants travaux à réaliser sur ce dernier tronçon. Le chantier est en cours mais cela va prendre du temps. Il faudra attendre jusqu’à mi-février 2021 pour que la ligne fonctionne normalement.

Avant la catastrophe, vous aviez pour projet de mener des travaux de restauration des « petites lignes » de la Région. Où en est-on ?

En effet, nous avons trois lignes de desserte fine du territoire en PACA. Une ici, dans les Alpes-Maritimes, une dans les Bouches-du-Rhône et une autre dans les Hautes-Alpes. Ces petites lignes ont bien sûr toutes leur utilité. C’est la raison pour laquelle nous avons eu un engagement de la part du président de la Métropole NCA, Mr Estrosi et du président de la Région Sud Renaud Muselier, de ne pas fermer ces lignes et de faire les investissements nécessaires pour pouvoir les conserver. Ces lignes ont été très peu entretenues par l’État qui a préféré jouer le jeu de la grande vitesse. Il y a quelques semaines, avant la tempête Alex, nous avons trouvé un accord avec l’État pour conserver ces lignes, et faire, dans les années futures, les investissements qu’il faut pour les moderniser. Notamment en leur permettant de retrouver une vitesse suffisante pour en faire de vrais moyens de transport. Il y a eu une délibération lors de la dernière plénière qui est préalable au protocole qui va être signé dans les prochaines semaines entre Renaud Muselier et le ministre des Transports. C’est près de 600 millions d’euros qui vont être investis dans ces trois petites lignes ces dix prochaines années.

Qui financera quoi ?

Pour prendre l’exemple de la ligne Nice-Tende, le montant des travaux s’élève déjà à 50 millions d’euros pour le bas de la ligne, c’est-à-dire le tronçon Nice-Breil. Cette partie-là est principalement financée par la Région. Nous demanderons sûrement une participation à l’Europe, car cette ligne est internationale (elle traverse la France et l’Italie), et à la Métropole Nice Côte d’Azur qui s’est déjà exprimée favorablement sur le principe. La partie qui s’étend de Breil à Tende, a besoin d’investissements plus conséquents qui pourraient monter jusqu’à 120 millions d’euros à terme. Un morceau de ce tronçon fait partie du réseau italien. L‘idée est de faire une répartition du financement qui serait de 50% la France et 50% l’Italie. Pour ce qui est du financement côté français, on souhaite qu’un gros quart soit pris en charge par l’État et un petit quart par la Région Sud. Soit un financement de 60% (des 50%) par l’État et 40% par la Région PACA.

Les travaux d’aujourd’hui déductibles des travaux de demain ?

Chaque chose en son temps. La priorité est de remettre en état de marche l’entièreté de la ligne Nice-Tende impactée par les intempéries. De plus, nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour savoir si les travaux en cours actuellement vont être en déduction des travaux de modernisation qui devront être faits ultérieurement. Les travaux les plus importants qui étaient prévus étaient surtout des travaux de sécurité notamment sur le tunnel du Pagama. Après l’idée de ce futur chantier est surtout de retrouver une vitesse initiale qui était de 80 km/h pour que cette ligne redevienne un vrai moyen de transport pour les habitants des vallées qui travaillent à Nice par exemple.

Visuel de Une : Philippe Tabarot lors de la remise en service de la ligne de chemin de fer entre Nice, Breil-sur-Roya, Fontan/Saorge et Saint-Dalmas de Tende pour apporter un désenclavement supplémentaire pour Tende et La brigue. DR et courtesy P.Tabarot Twitter

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