Près de 210 000 projets d’embauche en région Sud
- Par Gilles Carvoyeur --
- le 29 mai 2026
France Travail dévoile près de 210 000 projets d’embauche en PACA pour 2026, un dynamisme tempéré par des difficultés de recrutement persistantes.
Malgré un contexte économique incertain, les intentions d’embauche en Provence-Alpes-Côte d’Azur restent à un niveau élevé. L’enquête « Besoins en Main-d’Œuvre » (BMO) 2026, publiée par France Travail, recense 209 630 projets de recrutement dans la région. Ce chiffre, bien que marquant une légère baisse de 2,6 % par rapport à l’année précédente, témoigne d’une vitalité économique toujours présente. Cependant, derrière ce volume important se cache une réalité plus complexe : 38 % de ces recrutements sont jugés difficiles par les employeurs. Si ce taux de difficulté est en nette diminution de 10 points, il révèle des tensions structurelles persistantes sur le marché du travail régional.
Un marché marqué par la saisonnalité
L’analyse détaillée des chiffres met en lumière les spécificités de l’économie régionale. Les services demeurent le principal pourvoyeur d’emplois, concentrant 68 % des projets, avec en tête les services aux particuliers et à la collectivité (26 %), l’hébergement-restauration (22 %) et les services aux entreprises (20 %). L’agriculture et l’industrie agroalimentaire (12 %) ainsi que le commerce (11 %) complètent ce tableau.
Une caractéristique majeure de la région reste la forte saisonnalité des emplois, qui représentent 45 % des projets, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale de 32 %. Cette saisonnalité varie fortement d’un département à l’autre : elle atteint 67 % dans les Hautes-Alpes et 62 % dans les Alpes-de-Haute-Provence, contre 32 % dans les Bouches-du-Rhône. De même, les difficultés de recrutement sont plus prononcées dans les Alpes-Maritimes (41 %) et les Hautes-Alpes (40 %) que dans le Vaucluse (35 %).
L’hôtellerie-restauration et l’agriculture en première ligne
Les métiers les plus recherchés sont aussi, paradoxalement, ceux qui peinent le plus à attirer des candidats. Le trio de tête des emplois les plus demandés est identique à celui des métiers jugés les plus difficiles à pourvoir : serveurs de cafés-restaurants, aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration, et employés de l’hôtellerie. Ces professions, fortement saisonnières, souffrent d’une inadéquation perçue des compétences, de conditions de travail parfois jugées contraignantes et d’un déficit d’attractivité. Les agriculteurs, viticulteurs et aides-soignants figurent également parmi les profils les plus tendus. Cette situation concerne particulièrement les petites et moyennes entreprises, qui portent plus de 90 % des intentions d’embauche de la région.