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19 octobre 2017

Quitte à ramer, autant
Quitte à ramer, autant que ce soit dans le même sens...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

La nature a horreur du vide et du changement. C’est pourquoi, après l’adoption des ordonnances sur la loi Travail, la "rue" a pris ces dernières semaines la parole en ordre dispersé, et donc à de multiples reprises, pour dénoncer des décisions que certains considèrent comme une forte régression sociale.
Parce qu’elle a touché des symboles de droits sociaux acquis "par les luttes de générations successives", il était évident que les dispositions prises par l’exécutif ne passeraient pas comme une lettre à la poste.
Dans les orientations choisies, les syndicats y ont vu la main du diable - le Medef - et sans doute n’ont-ils pas tout à fait tort puisque dans son ensemble, le patronat a salué "des avancées", même si bien sûr "elles ne vont pas encore assez loin". Rhétorique classique.
Mais pouvait-on rester "en l’état", les bras croisés et assis sur les vieilles habitudes, avec plus de 3 millions de chômeurs qui frappent à la porte de Pôle Emploi ? Pouvait-on, au nom des droits acquis, conserver des raideurs administratives qui paralysent tout le corps social et sont un frein incontestable à l’emploi ?
Non, bien sûr. Et cette évolution de notre droit est même précisément le mandat qui a été confié ce printemps à Emmanuel Macron. Charge à lui de mener au pas de charge la réforme, tant attendue, tant redoutée, et impopulaire.
Le moment est bien choisi pour bousculer les habitudes : en début de mandat, la légitimité du pouvoir est incontestable. Mais surtout, et c’est le principal, les affaires reprennent... dans le bon sens du terme.

Au niveau national comme en Paca et en particulier les Alpes-Maritimes, les clignotants sont repassés au vert depuis quelques mois.
Les défaillances d’entreprises sont heureusement en baisse, les créations en hausse - même s’il y a beaucoup de micro entrepreneurs au statut et à la survie fragile - et surtout les banques sont en mesure de distribuer les crédits à celles qui ont besoin de se moderniser, de se développer, de conquérir de nouveaux marchés.
Il ne faut donc pas louper un moment aussi favorable, couper le bois mort qui permettra enfin une repousse plus vigoureuse.
Pour autant, les préoccupations sociales demeurent, et les entreprises ne sauraient s’en affranchir tant la "vraie" vie ne se limite pas à un bilan comptable. Ce sera tout l’art du politique de mener la barque avec finesse, avec les uns et les autres pour constituer un équipage solide ramant dans le même sens.

J.-M. CHEVALIER

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