Restauration – Le chiffre

Restauration – Le chiffre d’affaires en forte baisse au premier semestre 2026 en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Le secteur de la restauration en PACA accuse un recul de 6,9 % de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2026, selon l’UMIH.

Le secteur de la restauration traditionnelle en Provence-Alpes-Côte d’Azur traverse une zone de turbulences économiques. Selon les chiffres du nouvel Observatoire économique de la restauration, mené par l’UMIH en partenariat avec l’Ordre des experts-comptables, le chiffre d’affaires a reculé de 6,9 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Sur l’ensemble du premier semestre, la baisse s’établit à 7,3 %. Ces résultats, basés sur l’analyse des déclarations de TVA de 3 329 entreprises, soulèvent de vives inquiétudes au sein de la profession, dans une région pourtant à forte vocation touristique.

Un repli quasi généralisé sur le territoire

L’étude révèle de fortes disparités départementales, même si la tendance baissière est largement partagée. Cinq des six départements de la région affichent des résultats négatifs. Les Bouches-du-Rhône sont les plus touchées, avec une chute de 10,3 % du chiffre d’affaires au deuxième trimestre et de 10,9 % sur les six premiers mois de l’année.
Le Var et les Alpes-de-Haute-Provence enregistrent également des baisses significatives, avec respectivement –7,6 % et –8,8 % sur le trimestre. Les Alpes-Maritimes (–4,7 %) et le Vaucluse (–3,3 %) connaissent un recul plus mesuré. Seules les Hautes-Alpes déjouent cette tendance et affichent une santé économique insolente, avec une progression de 5,3 % au deuxième trimestre et de 1,9 % sur le semestre.
Autre signal préoccupant, le secteur de la restauration rapide, souvent perçu comme plus résilient, subit lui aussi un ralentissement notable en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Son chiffre d’affaires diminue de 3,8 % au deuxième trimestre et de 4,7 % sur six mois. Cette contre-performance régionale est d’autant plus marquée qu’elle s’inscrit à rebours de la dynamique nationale, où le même secteur progresse de 3,8 % sur le trimestre. L’ensemble des départements de la région sont touchés par ce phénomène.

Cette analyse se fonde sur les données collectées auprès de 1 937 entreprises de restauration rapide de la région.

Des conséquences redoutées et un été incertain

Face à ce tableau économique, de nombreuses questions se posent : la clientèle locale a-t-elle réduit la fréquence de ses sorties ou le montant de son panier moyen ? La saison touristique estivale parviendra-t-elle à inverser la tendance et à compenser la fragilisation de la consommation locale ? Franck Chaumès, président national de la branche Restauration de l’UMIH, décrypte ces dynamiques territoriales. L’organisation professionnelle s’inquiète des conséquences concrètes de cette baisse d’activité sur la rentabilité des établissements, l’emploi, les projets d’investissement et, plus globalement, sur la capacité des restaurateurs à maintenir une offre de qualité basée sur une cuisine faite sur place.
Enfin, un dernier facteur d’incertitude pèse sur le secteur : ces données, arrêtées au 30 juin, n’intègrent pas encore les effets des épisodes de canicule et des incendies qui ont affecté la région durant l’été. L’impact sur l’activité des établissements ne sera mesurable que dans les résultats du troisième trimestre, laissant craindre une dégradation supplémentaire de la situation.

Photo de Une ©Patricia MIESCH (PRESSE AGENCE)