Tourisme : Invitation (…)

Tourisme : Invitation au voyage dans le passé de la Baie des Anges

Alexandre Routier, entrepreneur niçois, a eu l’idée de faire voyager les touristes dans le Nice d’il y a 300 ans par le biais de lunettes de soleil 3D. Suivez le guide.

«  La Jetée-Promenade, le palais disparu de la mer… Il est difficile d’imaginer que, pendant plus d’un demi-siècle, l’un des monuments les plus spectaculaires de Nice se dressait exactement à cet endroit, s’avançant sur près de 300 mètres dans la baie des Anges, symbole de la Belle Époque inspirée de la célèbre jetée de Brighton, en Angleterre. »

Vous êtes sur la promenade des Anglais, face à la mer, et l’histoire commentée de ce monument, aujourd’hui disparu, défile dans vos lunettes.

Un saut dans le passé à partir du présent et apprendre l’histoire de la ville en déambulant paisiblement : c’est l’idée d’Alexandre Routier. «  Je voyage beaucoup avec mes filles et, dernièrement, j’étais à Paris et j’ai fait une balade virtuelle à Paris. J’ai trouvé ça génial, ma grande fille m’a regardé et a tout de suite compris que j’allais me lancer dans ce projet. » Le Niçois, amoureux fou de sa ville, toujours en quête de nouvelles perspectives, s’est vite mis au travail pour élaborer les fameuses lunettes avant le début de la saison estivale.

Vous pourrez revivre la construction du casino ©ME
La place Garibaldi dans les années 20 ©Nice Memories

Concept adapté

À Paris, c’est un casque 3D avec un visuel à 360 degrés ; à Nice, ce seront des lunettes de soleil : «  J’ai adapté la formule car j’ai trouvé que le casque était lourd et qu’à 360 degrés on peut avoir une perte d’équilibre, ça fait tourner la tête et on a du mal à se situer dans l’espace. Donc j’ai opté pour des lunettes plus légères, plus simples en termes de logistique et avec une qualité d’image home cinéma en 4K, le ressenti est comme si on avait un écran de 6 mètres à 10 mètres de soi. » Alexandre arrête un passant, place de l’Île-de-Beauté, et il lui explique le concept. Jon, originaire de Bayonne, au Pays basque, se prête au jeu : «  C’est intéressant, c’est immersif et ça permet de se projeter, le son est de bonne qualité. » Pour concevoir Nice Memories, l’entrepreneur niçois a fait appel à un bureau d’études pour modéliser les images en 3D, monter les vidéos et mixer la voix off, ainsi qu’à un spécialiste de l’histoire de Nice : tout cela, mis bout à bout, représente un investissement de près de 60 000 euros.

Jon teste Nice Memories - ©ME

Onze capsules

Un guide prendra en charge chaque groupe pour l’amener sur les différents sites : 11 capsules de deux minutes chacune ont été élaborées. Le tour commence place Garibaldi : « Laissez la ville moderne s’effacer complètement, oubliez les tramways, les moteurs et imaginez ce lieu il y a plus de 200 ans, en 1773. Cette place a des allures résolument italiennes car Nice n’est pas encore française. Vous vous trouvez dans le royaume de Piémont-Sardaigne… » La visite se poursuit rue Cassini, sur le port, au monument aux morts jusqu’au Negresco. Une balade de 1 h 15 oscille en permanence entre le présent et le passé ; une projection sur la ville de demain ponctue la balade.

Dans quelques jours, ce saut dans le passé sera possible. Avec le début des vacances, les lunettes de soleil immersives seront notamment disponibles à l’office de tourisme et dans quelques hôtels et commerces de la ville.

Alexandre Routier ©ME

Hommage

Dans le parcours dessiné par Alexandre, il y a un arrêt particulier : celui du monument du 14-Juillet, l’histoire douloureuse de la ville. L’entrepreneur n’a pas voulu l’occulter : « On s’est posé la question. On a considéré que cela faisait partie de l’histoire de Nice, l’idée est de le présenter sous la partie "Nice résilience", avec pudeur, sans images des événements, bien sûr, mais on explique ce que Nice a vécu à ce moment-là et que Nice s’est relevée, comme toujours. »

Photo de une : ©Capture d’écran de la visite virtuelle dédiée l’ancien casino de Nice sur la prod’ ©Nice Memories