Transpirer par procuration...
- Par Jean-Michel Chevalier --
- le 30 juillet 2026
On ne remerciera jamais assez les tournois de Roland-Garros et de Wimbledon, le Mondial de football et le Tour de France qui nous ont permis de passer les heures les plus chaudes de l’année bien au frais dans un canapé, sous la brise du ventilateur et devant cette lucarne que l’on dit « étrange ». Ah ce plaisir un peu sadique de regarder les athlètes en plein effort sous le soleil et de transpirer avec eux par procuration. Cette cure de « directs » demande elle aussi de l’entraînement. Il faut savoir jongler entre les horaires et les chaînes pour ne rien manquer des retransmissions vendues à chaque fois comme l’événement majeur de l’année, voire du siècle, car les commentateurs sportifs ne sont jamais à court de superlatifs. La zappette est mise à rude épreuve, ainsi que les nerfs de l’entourage pas forcément attiré par ces exploits. Cela permet d’oublier un instant Mélenchon-Le Pen-Bardella-Philippe-Attal-Glucksmann et les autres qui sont alignés sur la ligne de départ d’un championnat qui ne se déroule que tous les cinq ans. Profitons de cette parenthèse avant le sprint qui sera lancé dès la rentrée.
« La maison brûle et l’on regarde ailleurs ». La célèbre phrase de Jacques Chirac reste malheureusement d’actualité avec ces milliers d’hectares et ces maisons dévorés par les flammes dans le Var et en Gironde. Une catastrophe écologique majeure, mais aussi une somme de drames individuels avec des morts et des blessés, des habitations et des outils de travail perdus, les souvenirs d’une vie envolés… Finalement, un drame collectif pour l’ensemble de la société qui en supporte le coût. On a beau mettre toujours davantage de pompiers et de moyens (avions, hélicos, camions-citernes, aménagement de chemins d’accès et de tours de guet…), la forêt est ravagée chaque été. Le pourtour méditerranéen et les Landes ne sont plus les seuls à subir les incendies, ils éclatent maintenant dans des régions jusqu’ici épargnées comme le Cantal, la Creuse. Le plus souvent par la faute des humains, dont l’attitude oscille entre l’inconscience (mégot jeté dans la nature, barbecue en zone à risque…) et l’acte délibérément criminel des imbéciles. Que faire contre la bêtise ? Un retour des travaux forcés, avec comme peine la pelle et la pioche pour replanter là où le feu a tout emporté ? C’est un sujet… brûlant, mais au risque de paraître rétrograde, la question mérite d’être posée.
Édouard Balladur, 97 ans, est plus connu pour ses qualités de gestionnaire en « bon père de famille » que pour ses dons de visionnaire. On s’était moqué de lui, peut-être à tort, quand, prenant pour une fois le métro devant les photographes lors de sa campagne présidentielle de 1995, il n’avait trouvé comme réponse qu’un « il fait chaud » à un journaliste qui lui demandait ce qu’il pensait de ce moyen de transport qu’il semblait découvrir. Observation on ne peut plus exacte par ces temps de canicule, et qui fait espérer pour les hommes comme pour la forêt le célèbre « Que d’eau ! Que d’eau ! » attribué à Mac Mahon. De la pluie attendue avec impatience, certes, mais point trop n’en faut.