Cour des Comptes : (...)

Cour des Comptes : son ordonnance "économique"



Le Premier ministre a confié en février à la Cour des Comptes une mission sur la stratégie de finances publiques d’après-crise. Celle-ci vient de remettre son rapport de 200 pages dans lequel elle présente sa « stratégie des Finances publiques pour la sortie de crise ». Sans grande surprise, elle a identifié cinq grands chantiers (les retraites, l’assurance-maladie, les minima sociaux, la politique de l’emploi et celle du logement) pour éloigner les comptes du pays de la zone dangereuse (120% de dette) dans laquelle l’épidémie l’a plongé.

« Quelles que soient les perspectives de croissance, la crise sanitaire laissera des marques durables sur l’économie française et les finances publiques. Dans ce contexte, la soutenabilité de la dette publique est un enjeu de souveraineté : il s’agit d’une condition nécessaire pour faire face aux chocs économiques futurs et rester en mesure de financer les politiques et le fonctionnement des administrations publiques » préviennent les sages.

Pierre Moscovici et l’institution qu’il préside proposent donc le renforcement de la croissance potentielle et la maîtrise des dépenses publiques dans une liste de vingt-sept recommandations. «  Cet effort devra s’accompagner d’une rénovation du cadre de la gouvernance des finances publiques, d’une amélioration de la qualité de la dépense publique dans cinq secteurs prioritaires et du renforcement de l’équité et de l’efficience des politiques et des administrations publiques  ».

La hausse de la dette intervenue pendant la crise a permis de protéger les revenus des ménages et des entreprises face aux conséquences économiques de cette période exceptionnelle. Elle doit permettre de faciliter le rebond de l’activité dans les meilleures conditions possibles. Car à plus long terme, «  la poursuite de la hausse du ratio d’endettement risquerait de fragiliser la confiance des acteurs économiques dans la capacité de la France à honorer ses engagements passés et à venir  » prévient la Cour des Comptes. D’autant que pour le moment la France emprunte avec des taux très bas, ce qui pourrait ne pas durer.

Le système des retraites, malgré des réformes qui ont eu un impact positif, n’est toujours pas équilibré de façon pérenne. Une fois la crise passée, de nouvelles adaptations seront indispensables pour tenir compte notamment des évolutions démographiques et de l’allongement de la durée de la vie. Il risque d’y avoir du sport dans la rue…

L’amélioration « de la qualité des dépenses » d’assurance maladie est nécessaire, tout en confortant notre système de santé et en particulier l’hôpital. Ces réformes devront viser à assurer le retour à l’équilibre de l’assurance maladie et à stabiliser le poids de ces dépenses dans le PIB. Si les intentions sont claires, leurs mises en application se feront dans un contexte de personnels médicaux lessivés par la crise du Covid.

Politique de l’emploi  : l’enjeu est de mieux ajuster les dépenses en faveur de l’emploi et de l’indemnisation du chômage, de prévenir le chômage de longue durée et favoriser une insertion durable dans l’emploi des publics fragiles (jeunes décrocheurs, publics non qualifiés, seniors)

Minima sociaux : il convient d’assurer leur soutenabilité et de renforcer la politique du logement, qu’il s’agit de mieux cibler et simplifier afin d’accroître leur efficacité, notamment en direction des ménages les plus défavorisés.

Le rapport complet est en ligne sur le site de la Cour des Comptes.

Illustration de Une : Il faudra rationnaliser les dépenses de santé tout en conservant la qualité des soins. DR

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