La Coordination Rurale

La Coordination Rurale appelle à la révolte des « consom’acteurs »

Face à la crise agricole persistante, la Coordination Rurale du Var exhorte les citoyens à boycotter les produits importés dans les grandes surfaces.

Le ton est grave, la colère intacte. Dans une déclaration aux allures de manifeste, Christian Rastello, Secrétaire Général de la Coordination Rurale du Var (CR 83), a lancé un véritable « SOS des terriens en détresse ».
Deux ans après les grandes mobilisations, le constat dressé par le syndicat est amer : les agriculteurs se sentent toujours « humiliés » par des dirigeants qui, selon eux, « se foutent » de la profession.

RÉSISTANCE CITOYENNE

Pour la CR 83, le salut ne viendra plus uniquement des tractations ministérielles, mais du caddie des ménages. Le syndicat appelle le grand public à devenir des « Consom’acteurs » pour renverser le rapport de force.
« Notre salut n’est plus totalement entre nos mains, c’est vous les consommateurs qui pouvez et devez nous sauver  », explique Christian Rastello.
La méthode préconisée se veut une forme de guérilla pacifique dans les rayons des supermarchés. Le mot d’ordre est clair : identifier les produits importés (poulet, fruits hors saison, légumes étrangers) alors qu’une alternative française existe, les prendre, puis les abandonner au moment du passage en caisse.
« Vous le laissez, en disant gentiment […] que finalement, comme c’est importé, vous ne le voulez pas en soutien aux agriculteurs français  », explique le responsable syndical.
L’objectif de cette action symbolique est purement économique : faire perdre du temps, et donc de l’argent, à la grande distribution.
«  Remettre en rayon des dizaines de produits leur fera perdre du temps », assure le syndicat, qui invite également les clients à photographier ces produits importés pour les afficher sur les réseaux sociaux.
Christian Rastello pointe aussi du doigt la responsabilité des distributeurs dans l’agonie du secteur, dénonçant des marges « exorbitantes » de 30 à 40 % sur les fruits et légumes et une puissance commerciale qui « écrase » les producteurs lors des négociations.

MANIFESTATION À BRIGNOLES

Au-delà de l’appel au boycott, la Coordination Rurale maintient la pression sur le terrain institutionnel.
Ainsi, le 14 janvier dernier, une délégation a rencontré Anne-Cécile Vialle, sous-préfète de Brignoles. À cette occasion, une pétition de 150 signatures lui a été remise. Les revendications portaient sur un volet sanitaire précis : l’arrêt de « l’abattage systématique et total des troupeaux de bovins touchés par la DNC ».
Les agriculteurs réclament une révision urgente du protocole sanitaire, jugeant les mesures actuelles inadaptées à la survie des exploitations.
Mais le tournant majeur de ce début d’année 2026 réside dans la politisation du combat syndical.
Ainsi, fort de vingt ans d’expérience, Max Bauer, ancien président de la Coordination Rurale du Var, a annoncé ses ambitions pour les élections municipales à Hyères. Aussi, rejetant les « postures de certains politiques » et les mises en scène électorales, il a officialisé son rapprochement avec François Cornileau et l’équipe de l’Union des Hyérois (UDH). « Je veux qu’Hyères reste une terre qui nourrit et qui fait vivre ses producteurs », a-t-il martelé. Le programme esquissé vise à faire de la commune un « bouclier  » pour ses agriculteurs : préservation du foncier face à l’artificialisation, promotion des circuits courts dans la restauration collective et soutien aux nouvelles installations. Un appel est donc lancé à tous les agriculteurs français pour qu’ils s’engagent dans les scrutins locaux, afin que « la politique ne parle plus des agriculteurs sans les agriculteurs ».

Photo de Une : ©PRESSE AGENCE