Pays de Grasse : élus et agriculteurs mobilisés pour réfléchir à une harmonisation des tarifs de l’eau agricole
- Par Valérie Noriega --
- le 25 mai 2026
Face à la colère croissante du monde agricole et à la pression exercée ces derniers mois sur le coût des ressources essentielles, le dossier sensible de l’eau agricole connaît une avancée concrète dans les Alpes-Maritimes. À Grasse, le maire et président de la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse, Jérôme Viaud, a annoncé sur les réseaux sociaux que le chantier d’harmonisation des tarifs de l’eau destinée aux agriculteurs était en cours, avec l’ambition assumée d’étendre cette réflexion à l’ensemble du département.
Cette initiative fait suite aux mobilisations organisées en février dernier par la FDSEA 06 Alpes-Maritimes, qui dénonçait notamment les disparités tarifaires entre territoires et les difficultés croissantes rencontrées par les exploitants pour accéder à une ressource devenue stratégique.
Une première réunion de travail s’est tenue le 12 mai au cabinet de la Ville de Grasse. Autour de la table : représentants des syndicats agricoles, techniciens de la gestion de l’eau et responsables des principales structures hydrauliques du territoire. L’objectif affiché était de poser les bases d’une convergence tarifaire afin de garantir davantage d’équité entre exploitants.
Le président de la Chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes, Michel Dessus, le président de la FDSEA06 et vice-président de la Chambre d’agriculture, Jean-Philippe Frère, ainsi que le conseiller en gestion de la ressource en eau Antoine Robert ont notamment participé aux échanges.
Pour les collectivités locales, le sujet dépasse désormais la seule question technique. Dans un département confronté à la sécheresse récurrente, à la pression foncière et aux tensions climatiques, la pérennité de l’agriculture apparaît comme un enjeu d’aménagement du territoire autant qu’un impératif économique. Culture florale, oléiculture, maraîchage ou élevage : plusieurs filières historiques des Alpes-Maritimes dépendent directement de l’accès à une eau abordable.
« Garantir un accès plus équitable et harmonisé à l’eau agricole constitue un enjeu majeur », a rappelé dans son post Jérôme Viaud, qui entend désormais porter cette réflexion au niveau départemental à travers l’Association des maires et intercommunalités des Alpes-Maritimes.
Le travail engagé associe déjà plusieurs opérateurs structurants du territoire : la SEML Eaux de Mouans, le Syndicat Intercommunal des Eaux du Foulon, la Régie des Eaux du Canal Belletrud et le Syndicat Intercommunal des 3 Vallées.
Les discussions ont permis, selon les participants, de fixer plusieurs objectifs opérationnels et d’acter une nouvelle réunion à la rentrée prochaine. Derrière cette concertation technique se dessine une préoccupation plus large : adapter la gouvernance de l’eau à un territoire méditerranéen confronté à des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. Dans les Alpes-Maritimes, où les équilibres agricoles demeurent fragiles, le prix de l’eau est devenu un marqueur politique autant qu’un sujet économique. Les élus locaux le savent : sur cette question, l’attente du monde agricole ne se mesure plus en promesses, mais en résultats.