À Cannes, l’héritage d’André Malraux se réinvente au fil d’une saison culturelle d’exception
- Par Valérie Noriega --
- le 24 juin 2026
Cinquante ans après la disparition d’André Malraux, Cannes célèbre l’écrivain et ancien ministre de la Culture à travers une programmation qui irrigue toute la ville. Exposition, conférences, cinéma et création contemporaine invitent à redécouvrir l’héritage d’une figure majeure du XXe siècle.
Il y a des noms qui continuent de façonner notre regard sur l’art et la culture
Cinquante ans après la disparition d’André Malraux, la Ville de Cannes lui consacre une année de célébrations placée sous le signe de la transmission et du dialogue entre patrimoine et création contemporaine.
Labellisée par le ministère de la Culture dans le cadre du Cinquantenaire André Malraux 2026, cette programmation rend hommage à celui qui fut à la fois écrivain, résistant et premier ministre des Affaires culturelles de la Ve République. Une figure visionnaire dont les réflexions sur l’art résonnent avec une acuité particulière à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.
Le « musée imaginaire » revisité sur l’île Sainte-Marguerite
Point d’orgue de cette saison culturelle, l’exposition-dossier « Un hommage à André Malraux : le musée imaginaire revisité », présentée jusqu’au 31 octobre au musée du Masque de fer et du Fort Royal, sur l’île Sainte-Marguerite.
Installé dans le cadre singulier des anciennes citernes romaines du Fort Royal, le parcours plonge les visiteurs dans l’univers intellectuel de Malraux à travers ouvrages originaux, archives, objets patrimoniaux et citations emblématiques. L’exposition prolonge également la découverte au sein des collections permanentes du musée. Au-delà de l’hommage biographique, elle interroge des questions profondément contemporaines : comment préserver les œuvres dans un monde où les images circulent sans limites ? Quelle place accorder à l’authenticité et à « l’esprit du lieu » à l’heure de la virtualité ?
Une mémoire du patrimoine sous-marin
L’exposition met aussi en lumière un aspect moins connu de l’action d’André Malraux : son engagement en faveur de la protection du patrimoine culturel. En 1966, le ministre créait la Direction des recherches archéologiques sous-marines, devenue aujourd’hui le DRASSM. Une thématique particulièrement chère à la ville de Cannes, dont le musée conserve d’importantes collections issues des épaves découvertes autour des îles de Lérins. La ville, pionnière en matière d’archéologie sous-marine, accueillait déjà en 1955 le premier Congrès international consacré à cette discipline.
Conférences, cinéma et création artistique
L’hommage se déploie également dans plusieurs lieux culturels cannois. À la médiathèque Noailles, un week-end thématique réunira, fin septembre, conférences et projection du documentaire Journal de voyage avec André Malraux de Jean-Marie Drot. Le 12 octobre, l’historien Yvan Gastaut évoquera, à Cannes Université, « l’aventure en héritage » d’un homme devenu symbole de l’engagement intellectuel. À l’automne, l’École régionale d’acteurs de Cannes et Marseille proposera une création artistique inspirée du concept du « musée imaginaire », offrant une lecture sensible et contemporaine de son œuvre. Enfin, le 3 décembre, Cannes Cinéma et Cannes Université clôtureront cette année commémorative avec une ciné-conférence autour d’Espoir, Sierra de Teruel, unique film réalisé par André Malraux, dans une version restaurée.