Séance sous les étoiles à Cannes : le Cinéma de la Plage 2026 dévoile une édition entre classiques cultes et hommages patrimoniaux
- Par Valérie Noriega --
- le 12 mai 2026
Quand les projections officielles s’achèvent et que le tapis rouge se vide, le Festival de Cannes prolonge chaque soir la fête sur le sable. Dès 21h30, la plage Macé (bientôt Bardot), installée face à l’hôtel Majestic sur la Croisette, se transforme à nouveau en salle obscure à ciel ouvert pour accueillir l’édition 2026 du Cinéma de la Plage, rendez-vous gratuit et ouvert à tous devenu l’un des plaisirs les plus populaires du Festival.
Cette année, onze films composent la programmation, pensée comme un dialogue entre grands classiques, anniversaires symboliques et patrimoine cinéphile. L’ouverture donne le ton avec Top Gun de Tony Scott, projeté pour célébrer les 40 ans du blockbuster qui a propulsé Tom Cruise au rang d’icône mondiale. Entre scènes aériennes devenues mythiques et bande originale indissociable des années 1980, le film inaugure la plage avec une énergie assumée.
Le programme fait aussi la part belle aux anniversaires cannois
Un homme et une femme de Claude Lelouch revient ainsi sur écran pour les 60 ans de sa Palme d’or, dans une version restaurée en 4K et en présence du réalisateur. Une manière de rappeler combien ce mélodrame aux accents de chanson éternelle reste lié à l’histoire sentimentale du Festival.
Les amateurs de curiosités cinéphiles pourront retrouver Shinkansen Daibakuha de Junya Sato, thriller japonais de 1975 restauré à partir du négatif original, souvent présenté comme une source d’inspiration majeure pour le cinéma d’action hollywoodien. À l’autre extrémité du spectre, le Festival s’offre une avant-première mondiale avec Les Caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc, projeté en présence de son équipe avant sa sortie en salles fin juin.
Le Cinéma de la Plage assume également sa vocation patrimoniale en convoquant les deux Palmes d’or de 1966. Les festivaliers pourront donc revoir Un homme et une femme de Claude Lelouch, lauréat ex aequo cette année-là, mais aussi Signore & Signori de Pietro Germi, satire italienne grinçante sur les hypocrisies bourgeoises, moins connue mais tout aussi emblématique de l’époque.
La programmation s’autorise quelques détours politiques et mémoriels
All the President’s Men d’Alan J. Pakula replonge dans l’affaire du Watergate avec Robert Redford et Dustin Hoffman, tandis que Land and Freedom marque le retour de Ken Loach sur la Croisette avec son récit engagé sur la guerre civile espagnole. Un cinéma de convictions qui trouve naturellement sa place dans cette sélection nocturne. L’Espagne sera également à l’honneur avec Cría Cuervos, souvenir vibrant de Carlos Saura. Le film, récompensé par le Prix du Jury à Cannes en 1976, sera accompagné par la présence exceptionnelle de Jeannette, interprète du célèbre Porque te vas, ainsi que des enfants du réalisateur.
Autre moment symbolique, la projection de Viva Maria ! de Louis Malle, portée par Jeanne Moreau et Brigitte Bardot, s’inscrit dans un hommage organisé avec la Ville de Cannes. À cette occasion, la plage Macé sera officiellement rebaptisée Plage Brigitte Bardot, avec dévoilement d’une plaque en présence du maire David Lisnard.
La fin de semaine prolongera cette traversée cinéphile avec Je hais les acteurs de Gérard Krawczyk, satire déjantée d’Hollywood projetée pour les 40 ans de sa sortie, avant une clôture placée sous le signe de la comédie française avec Mon Oncle de Jacques Tati, autre grand classique du Festival.
Comme chaque soir, les projections seront précédées d’un warm-up musical assuré par le duo TwinSelecter, qui mêlera rock, soul, funk, jazz, électro et bandes originales. Une façon d’installer l’ambiance avant que les transats ne se tournent vers l’écran et que Cannes, une fois encore, ne rappelle qu’elle sait aussi célébrer le cinéma loin des salles fermées et des accréditations.
Entrée libre dans la limite des places disponibles (ne tardez pas...)