Expo : Sir Paul derrière

Expo : Sir Paul derrière l’objectif

On aimerait tellement écouter la musique des Beatles « Eight Days a Week » ! Les quatre garçons qui restent « dans le vent » malgré le temps qui passe ont écrit quelques-unes des plus belles chansons du 20e siècle. Paul McCartney a aussi développé une passion pour la photographie. Il a pointé son objectif sur ses compagnons, à une époque où les papy-boomers étaient encore en culottes courtes et commençaient timidement à se faire pousser les cheveux comme leurs idoles venues d’outre-Manche.

Le musée Granet d’Aix-en-Provence présente cet album photo pour la première fois en France, une expo focus 1963-64 qui est un témoignage étonnant sur un phénomène de société.

L’événement est intitulé «  Eyes of the Storm », les yeux de la tempête, celle qui allait engloutir dans les mélodies ciselées les jeunes filles en fleurs, les adolescents et même les adultes de l’époque. Pour les Fab Four, cette période marquait le début d’une Beatlemania planétaire qui, soixante ans plus tard, soulève encore la nostalgie (et les poils à l’écoute de leurs disques).

Donc le bassiste gaucher ne s’est pas contenté de composer, de jouer et de chanter. Il s’est aussi beaucoup amusé avec un appareil 24x36. On a retrouvé dans ses archives plus d’un millier de clichés, une découverte quasi archéologique qui montre pour l’essentiel le groupe de l’intérieur, dans ses moments d’intimité et de complicité. Pour cette exposition, 250 photos sont accrochées. Elles sont d’autant plus exceptionnelles qu’inédites pour la plupart et encore jamais regroupées.
George en bonne compagnie au bord d’une piscine. John encore souriant et décontracté alors qu’il n’avait pas encore rencontré Yoko Ono. La bande des quatre rasée de frais et en costumes étriqués avant la période indo-hippie qui vit ensuite leur système pileux s’emballer… Partis de Liverpool où ils jouaient du rock dans un club de quartier, les Beatles vont ensuite parcourir le monde.

Avec son appareil, McCartney nous entraîne dans les tournées européennes et américaines du groupe en saisissant des moments rares qui appartiennent aujourd’hui à l’histoire de la pop. « Ces clichés racontent l’intensité des concerts, des longues journées passées en répétition, dans les hôtels, sur la route, soumis au regard des médias à chaque étape de leur parcours (…) Des atmosphères, une esthétique propre à ces années 60  ». Des photos qui font regretter l’insouciance et la légèreté du monde d’alors où l’on croyait un peu naïvement aller sereinement vers un progrès « peace and love ».

L’expo propose un parcours chronologique : Liverpool et Londres, Paris (à l’Olympia, en première partie de Sylvie Vartan !), la folie aux USA avec New York, etc. « Nous sommes à moins de vingt ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce pays est vu par Paul McCartney - et plus largement par de nombreux Européens -, comme celui qui a libéré l’Europe. Il incarne à l’époque une certaine modernité. Il fascine  ».

Depuis la roue a tourné...
Sir Paul McCartney reste à 84 ans un jeune homme séduisant et espiègle. Embarquons dans son « yellow submarine » pour parcourir au travers de son regard cette « long and winding road » de la vie.

Paul McCartney, George Harrison, Miami Beach, février 1964© 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP