Exposition : Geneviève Bozec sur le fil
- Par Marie Lesimple --
- le 18 avril 2026
La singularité des créations textiles de Geneviève Bozec, actuellement mises en valeur dans les vitrines du centre commercial Nice Étoile, nous a donné l’envie de rencontrer cette artiste dont la force d’expression passe par la couleur et la matière. Elle a développé un sens du fait main exigeant, s’exerçant sur des matériaux a priori ordinaires comme le bois flotté, le carton, le papier, et la laine et la corde.
« J’aime associer ces matériaux, j’utilise des papiers japonais que je colle sur des supports carton. J’y associe des bois flottés, des fils, du coton, du lin, du satin, des rubans, des perles, beaucoup de récupération. Le papier est déchiré, découpé, roulé, plié, collé » avec le savoir-faire de petites mains ingénieuses.
Exposées dans les vitrines sur la rue pendant le carnaval, aux côtés de superbes costumes, on les retrouve maintenant au premier étage du centre commercial niçois, dans ce qu’on pourrait appeler une galerie d’art.
On ne sait pas ce qui pousse une décoratrice à s’engager dans une seconde carrière plus remarquable encore, en s’émancipant d’un savoir-faire artisanal, pour extirper de son imagination ces formes abstraites et séduisantes en trois dimensions. C’est sans doute que Geneviève Bozec a toujours été artiste dans l’âme, et qu’à présent, ayant retrouvé la liberté, elle peut enfin se consacrer totalement à une création absolument libre.
Comme toujours, on peut trouver un élément déclencheur à un cheminement personnel, une impulsion à partir de laquelle les formes vont évoluer, se développer, s’épanouir, pour finir par s’imposer pleinement depuis dix années. D’abord, elle crée des totems, frappée par la beauté de ces symboles mystiques, de ces êtres symboliques protecteurs, pour leur pouvoir à relier ciel et terre. Le travail de Geneviève Bozec évoluera après sa découverte d’artistes féminines qui, longtemps après Sonia Delaunay ou bien Sophie Taeuber-Arp, reprendront les travaux d’aiguilles pour se les réapproprier. En déconstruisant les frontières entre arts appliqués, design et arts plastiques, elles ouvrent des voies insoupçonnées qui n’ont pas fini de nous surprendre.
Anni Albers et Sheila Hicks font partie de celles-là, même si à présent, d’autres talents les ont suivies, de plus en plus nombreuses à manier le fil, la laine, la corde, à leur donner leurs lettres de noblesse dans des formes d’inspirations inédites, à tel point que l’on dirait qu’un nouveau mouvement est en marche. En tête de pont, Eva Jospin avec le carton ou la tapisserie, Claude Como à Marseille, la laine tuftée sur toile, Amandine Rousguisto (suivie par la galerie Chave à Vence) que fascinent les tissus.
Geneviève Bozec s’inscrit donc avec détermination dans ce mouvement, et si on souhaite suivre son travail, on retrouvera ses œuvres à la galerie Matarasso qui les héberge en permanence.
