Mathieu Forget, dandy en lévitation
- Par Marie Lesimple --
- le 11 juillet 2026
Mathieu Forget est un dandy qui se fait remarquer en réussissant le tour de force de fusionner tous ses talents – ils sont nombreux – en un seul pour faire œuvre. Un travail photographique drôle et poétique à la fois, et aussi spectaculaire. « Lévitation », c’est le titre de l’exposition de 80 clichés orchestrés par ses soins. Il se met en scène, invite des athlètes olympiques et paralympiques dans des lieux, tous plus beaux et étranges les uns que les autres. Il magnifie les architectures, les paysages urbains, les paysages. Il a la tendance assez iconoclaste de se montrer dans un combat au fleuret dans un musée, devant un tableau de Monet au Petit Palais et devant des toiles de Sonia Delaunay. Ou encore parmi des statues grecques et romaines au Louvre, personnages de pierre faisant des moues dubitatives quand elles n’arrondissent pas des yeux étonnés devant ses envols.
C’est ainsi que ce joueur de tennis chevronné, également escrimeur, pianiste et danseur de hip-hop, se fait immortaliser en lévitant dans des costumes immaculés, avec élégance et naturel.
Le Musée de la Photographie Charles Nègre de Nice expose pour la première fois une rétrospective de cet artiste français atypique et déjà bien connu des médias.
De l’Amérique au Japon, en passant par la Turquie, l’Antarctique et le quartier de La Défense à Paris, Mathieu Forget se révèle être un grand voyageur. Ce monte-en-l’air vole de ses propres ailes pour décoller du sol pendant une demi-seconde, flotte hors du temps, et, que ce soit dans le désert ou au sommet de l’Empire State Building, cela ressemble toujours à un rêve que l’on aurait soi-même pu faire, avec le vertige et le cortège des émotions qui vont avec.
Quel est ce prodige ? Mathieu Forget se mettant en scène avec l’œil du photographe et du réalisateur ? Il pose beaucoup de questions en rapport avec le temps et l’espace, interroge inlassablement ces entités, approfondissant ses interrogations dans un parcours qui retrace son évolution en trois volets : les corps des athlètes, l’énergie américaine, le minimalisme japonais.
Une expérience visuelle et immersive où certaines images s’animent en réalité augmentée.
Jusqu’au 27 septembre.