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Monaco : Le renouveau des fresques de la Renaissance dévoilé au Palais

Après une longue restauration, méticuleuse et utilisant des procédés innovants, les décors du XVIe siècle ont depuis quelques jours retrouvé le public.

« Ce qu’il faut dire, c’est que là on est à l’aboutissement d’une dizaine d’années de travail.  » Pour Marion Jolin, peintre en décor du patrimoine et coordinatrice artistique chantier, la visite en avant-première de l’ancienne chambre à Alcôve de Marbre marque la fin d’un chantier exceptionnel.

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Depuis la redécouverte « intuitive » des premières fresques en 2015, cachées sous des couches de peinture, l’équipe de restauration a mis au jour 600 m2 de décors datant du XVIe siècle. Ce dernier chantier intérieur est accessible depuis la réouverture du Palais princier lundi 30 mars, offrant au public une immersion dans l’histoire des Grimaldi. Rien n’est laissé au hasard : les thématiques mythologiques sont « vouées à démontrer une image de pouvoir  ». Si la galerie d’Hercule célèbre la force physique, l’ancienne chambre à Alcôve de Marbre met en scène le mythe de Bellérophon. Ce héros, désarçonné de son cheval Pégase pour avoir voulu se mesurer aux dieux, illustre le péché d’orgueil. « C’est un message puissant pour les souverains à l’époque, à la Renaissance  », souligne Marion Jolin.

Nettoyage au laser

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L’histoire de ces décors est documentée par des archives mentionnant Nicolosio Granello, un grand peintre de l’école génoise du XVIe siècle et contemporain de Raphaël. Pour restaurer ce patrimoine, l’équipe a utilisé des techniques de pointe comme le nettoyage au laser et la réintégration picturale. Cette dernière s’appuie sur le « tratteggio », un réseau de fines lignes parallèles qui permet d’identifier la retouche de près tout en restant imperceptible à distance. Le public peut d’ailleurs observer ce travail méticuleux en direct. « Selon les jours, les personnes de notre équipe seront en train de travailler à leurs retouches » sous les yeux des visiteurs, précise Mme Jolin. La dimension scientifique et technique de cette aventure a été au cœur d’un colloque qui s’est tenu du 19 au 21 mars au Musée océanographique. Pour Christian Gauthier, chef de projet depuis 13 ans, ce rendez-vous était crucial pour « offrir au public et aussi au monde scientifique toutes les avancées ». Les échanges ont porté sur la transformation du Palais, les liens historiques avec Gênes, mais surtout sur les innovations techniques majeures développées à Monaco.

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Démarche écoresponsable

L’une des plus grandes fiertés du projet est sa démarche de développement durable, impulsée par le Souverain. « Notre démarche écoresponsable est sous-jacente, elle existe dans tous les domaines », affirme Christian Gauthier. Ce projet de recherche de deux ans a permis de mettre au point une aquarelle spécifique, composée de pigments sourcés localement et d’adjuvants biologiques, exempte de produits chimiques dangereux. Cette « recette » unique, conçue pour les supports minéraux, a été l’un des points forts des démonstrations lors du colloque. En combinant haute technologie - comme les photographies 3D pour révéler les plafonds cachés - et respect de l’environnement, le Palais de Monaco s’impose désormais comme une référence mondiale en matière de conservation du patrimoine.

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Les visites sont proposées de 10h à 18h au printemps et à l’automne, et jusqu’à 19h en été www.visitepalaisdemonaco.com

Photo de une : Marion Jolin, peintre en décor du patrimoine et coordinatrice artistique chantier ©ML

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