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Netflix versera 150 à 200 millions d’euros pour la création française

Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, invitée sur France Inter ce jeudi 17 décembre 2020, a révélé le montant que devra verser Netflix et autres plateformes de streaming dans la création audiovisuelle française.

Cela a été annoncé, c’est chose faite. Ou presque. Ce jeudi 17 décembre matin, Roselyne Bachelot, invitée de l’émission de Léa Salamé France Inter, a révélé quelques détails concernant les négociations avec les plateformes de streaming concernant le financement de la création française. Après des jours, voire des semaines de négociations, la Ministre de la Culture a annoncé avoir « abouti ». «  Nous avons négocié avec les producteurs, le monde du cinéma et le monde des plateformes. Nous allons bientôt transmettre au CSA et à la Commission Européenne ce qu’on appelle le décret SMAD », précise-t-elle à l’antenne. Ce décret, devrait en principe obliger les plateformes de streaming telles Netflix, Amazon Prime ou encore Disney + - à financer «  20 à 25% du chiffre d’affaires  » la création cinématographique française. «  Cela représente environ 150 à 200 millions d’euros par an », souligne la ministre. Une nouveauté pour ces hébergeurs de vidéos à la demande qui jusque-là ne participe pas à l’effort de financement de l’audiovisuel en France, ce qui agace, depuis plusieurs années, les chaînes historiques du paysage télévisuel français contraintes, elles, de financer une partie des créations audiovisuelles françaises pour pouvoir les diffuser.

Que gagnent les plateformes de streaming en contrepartie ?

En acceptant de financer une partie des projets cinématographiques français, Netflix et les autres plateformes de streaming en ligne devraient pouvoir bénéficier d’un privilège d’exploitation des oeuvres, et réduire le temps d’attente de diffusion selon la chronologie des médias. En France, l’exploitation cinématographique est soumise à une hiérarchie bien précise : à sa sortie, un film est exclusivement projeté au cinéma durant près de quatre semaines, avant d’être diffusé sur les chaînes historiques après 22 mois et enfin, sur les plateformes de streaming après 36 mois. Si on entend quelques échos parlant d’une réduction de 36 à 15 mois pour les plateformes qui financeront une partie de la création française, la ministre de la Culture assure que «  les négociations restent ouvertes », divulguant à demi-mot que rien n’était encore décidé à ce sujet. Le financement de la création cinématographique par les plateformes de streaming, va-t-il amorcer une révolution de l’industrie du cinéma français ? Affaire à suivre…

Visuel de Une : DR

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