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Que nous disent les bactéries et traces d’ADN humain retrouvés sur les dessins de Léonard de Vinci ?


Le 20 novembre dernier, une équipe de chercheurs révélait la présence de champignons, bactéries et restes d’ADN sur certains dessins de Léonard De Vinci. Que cela-nous dit-il sur les œuvres du maître italien ?

Publiée au Frontier in Microbiology, cette étude, réalisée par des chercheurs italiens et autrichiens, révèle la présence de nombreux micro-organismes sur les dessins de Léonard de Vinci. Ces recherches ont été effectuées sur sept des plus célèbres dessins du maître, dont « Autoportrait  » et «  L’homme de Vitruve  ». Dans un article publié au journal espagnol El Paìs, les chercheurs s’accorderaient à dire qu’il serait tout à fait possible que certaines de ces particules aient pu survivre sur le papier depuis la Renaissance. D’après le microbiologiste en charge de l’étude, Guadalupe Piñar, « les dessins abritent une importante quantité de matériel génétique appelé bio-archives ». Autant de traces humaines que l’équipe de chercheurs, composée d’historiens, de restaurateurs d’art et de microbiologistes entre autres, s’est employée à analyser.

La technologie Nanopore

Pour abattre ce travail, l’équipe a dû s’équiper d’une nouvelle technologie. Nommée Nanopore, cette approche innovante permet d’analyser le microbiote présent dans les dessins. Il s’agit d’une méthode qui «  combine séquençage de 3e génération à l’amplification du génome », relate l’article de Frontier in Microbiology. «  La sensibilité de la méthode Nanopore propose un excellent outil pour l’étude des œuvres d’art ; elle permet d’estimer le microbiote et d’en visualiser les composantes  », précise Guadalupe Piñar dans un communiqué de presse. Cette technologie a donc permis de démasquer les micro-organismes évoluant sur ces dessins : des bactéries témoins de maladie liées à la pneumonie, et d’autres normalement présentes dans les intestins. « Les résultats montrent une forte contamination de ces dessins à l’ADN humain, ainsi qu’une surprenante domination des bactéries sur les champignons  », peut-on lire dans le compte-rendu de l’étude. Une découverte surprenante pour les chercheurs qui, jusque-là, pensaient que les champignons étaient les grands responsables de la dégradation des oeuvres dans le temps.

Pour autant, les chercheurs s’accordent à dire qu’il y a très peu de chances que les traces d’ADN recueillies puissent appartenir au maître florentin lui-même. En effet, il est plus probable que ces échantillons soient des traces laissées par les différents propriétaires des oeuvres et des restaurateurs d’art passés par ces dessins.

Visuel de Une : illustration DR

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