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5 décembre 2019

OTAN : mort cérébrale (...)
OTAN : mort cérébrale ou simple migraine ? L'Alliance traverse une crise sérieuse
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Les États-Unis reprochent aux autres partenaires de ne pas assez s’investir financièrement, la Turquie fait cavalier seul, Macron dit tout haut ce que beaucoup redoutent tout bas...

Née après guerre

L’Otan (Organisation du Traité Nord Atlantique) est une organisation politique et militaire visant à assurer une sécurité collective dans le monde. Elle a été mise en place après la seconde guerre mondiale. À sa création en 1949, elle était composée de douze pays : Belgique, France, Italie, Danemark, Canada, États-Unis, Islande, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Royaume-Uni et Luxembourg.

France sourcilleuse

Aujourd’hui, vingt-neuf pays en sont membres. Dernier arrivé : le Monténégro en 2017. Depuis le général De Gaulle, la France, sourcilleuse pour son indépendance nucléaire, conteste l’hégémonie américaine au sein de l’Alliance. Notre pays quittera l’organisation en 1966, jusqu’à sa réintroduction en 2009, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Missions

Les types de missions de l’Otan sont diverses. Elle a, par exemple, participé à une opération de soutien à la sécurité en Irak entre 2004 et 2011 en envoyant des soldats sur le terrain. Elle peut aussi envoyer une aide humanitaire (soignants, ingénieurs, matériaux, etc), comme cela fut le cas en 2005 au Pakistan lors d’un fort tremblement de terre.
Mais son rôle demeure avant tout militaire, à l’origine pour être en mesure de faire face à la menace représentée par le bloc soviétique, alors présent dans ses pays satellites en Europe.

Afghanistan

La dernière opération menée par l’organisation est toujours en cours. Elle a débuté en 2015 lorsque l’Alliance s’est lancée dans une mission "de formation, de conseils et d’assistance" auprès des forces de sécurité afghanes. Elle a alors mobilisé 12 000 membres sur le terrain.

Mort cérébrale ?

Emmanuel Macron a jugé, la semaine dernière, que l’Otan est "en état de mort cérébrale". Pour lui, cette situation "mène l’Europe au bord du précipice". Des propos qui ont fait réagir les chancelleries. Même si ce jugement représente (peut-être) la réalité, pour beaucoup l’expression choisie par le président français est "trop extrême".
Il n’empêche que la versatilité du président US et la faiblesse politique et militaire de l’Europe interrogent...

Tension

La vision du chef de l’État a été très critiquée, y compris par les membres de l’Alliance. C’est le cas d’Angela Merkel, qui pense que le groupe "doit être préservé, maintenant plus que jamais". Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, dont le pays fait partie de l’Otan, s’est même montré injurieux, créant un incident diplomatique entre "alliés"...

Sommet de Londres

Réunis cette semaine au sommet de Londres pour le 70ème anniversaire
de l’Alliance, les dirigeants de l’Otan ont de la peine à cacher le malaise général. En critiquant vertement l’intervention turque dans le Nord-Est de la Syrie sans que les autres partenaires de l’Otan en soient informés, Emmanuel Macron a appuyé là où cela fait mal. Mais derrière les questions de "principe", beaucoup d’arrière-pensées, dont le sort réservé aux Kurdes menacés par Ankara, et aux migrants, menacés tout court.

Poutine aux aguets

Sans réponse précise, certains facteurs peuvent tout de même laisser penser que l’Otan est en difficulté. Des forces américaines qui se retirent de certains conflits, la Turquie qui agit par elle-même, les États-Unis qui ne s’investissent plus autant... L’Alliance n’est effectivement plus aussi présente sur la scène internationale, tandis que le tsar Poutine continue à avancer ses pions au Moyen-Orient...

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